« Arts de Portieux » : le tournant démission de M. Foltzer
18 septembre 1986
Economie
La situation aux « Arts de Portieux » a considérablement évolué lundi soir, rue de Grenelle, à Paris, où des collaborateurs du ministre de l'Emploi Philippe Séguin ont reçu la direction de l'entreprise et les délégués du personnel, avant qu'un conseil d'administration ne se tienne… sur les lieux.
Au terme de cette entrevue et de cette réunion du conseil d'administration, la démission de René Foltzer, P.-D.G. d'Arts de Portieux, a été annoncée. Elle a été suivie par la décision du groupe Bernardaud, porcelainier à Limoges, d'abandonner les rênes de la cristallerie vosgienne, mais de continuer à commercialiser les produis de l'entreprise jusqu'à la fin de l'année. Retour à la case départ aujourd'hui : on se retrouve dans la situation de !984 et les délégués du personnel recherchent un administrateur provisoire.
Un sauveteur nommé Neboux ?
La situation de la société « Arts, de Portieux » est aujourd'hui très délicate : sans patron, elle peut être, du jour au lendemain, déclarée en liquidation par le tribunal de commerce de Mirecourt. Reste que la Verrerie de Portieux a deux atouts : elle reste une citadelle C.G.T. et les verriers ont fait la preuve au cours des années passées de leur volonté de sauver l'entreprise et de passer des caps difficiles. Son second atout est l'appui du ministère de l'Emploi qui, lundi soir, ne lui a pas fait défaut.
Tout le monde aujourd'hui est convaincu que Bernardaud est venu à Portieux pour exploiter à fond « le pavillon commercial » de la cristallerie et de se passer ensuite de l'outil industriel. Preuve ? La vente de produits Portieux par Baccarat-Bernardaud au dernier salon Bijorca, le licenciement coûteux des commerciaux de Portieux, la hausse brutale des produits Portieux pour ne pas porter préjudice à Baccarat, la conduite de l'entreprise à l'état de cessation des paiements, etc.
Un document explosif a été mis ces jours derniers en possession de la C.G.T. qui l'a sorti au moment opportun au ministère de l'Emploi, et qui administre la preuve de la volonté de Bernardaud de liquider Portieux.
C'est ce qu'on expliqué, hier, de retour de Paris, MM. Didelot et Leroy, bons connaisseurs de la situation de la cristallerie Arts de Portieux. On comprend que, du coup, René Foltzer ait décidé de remettre sa démission lors du conseil d'administration qui s'est produit rue de Grenelle, au ministère du Travail. Une décision qui a probablement été « suggérée » par les collaborateurs du ministre de l'Emploi.
Reste aujourd'hui, pour les verriers - actionnaires de Portieux - à trouver un nouvel administrateur. Un nom était hier sur toutes les lèvres : celui de Jacques Neboux. Homme des missions difficiles, tant dans le football que dans le textile (Ancel à Granges), Jacques Neboux est, semble-t-il, sur les rangs.
On devrait en savoir plus ce matin, à la Verrerie de Portieux, où un comité d'entreprise est convoqué.
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Vie sociale
Arts de Portieux à la recherche d'un nouveau PDG
Trouver d'urgence un nouveau PDG : c'est l'impératif qui s'adresse aux 93 employés de la Société Nouvelle des Verreries et Arts de Portieux. Faute de quoi, le syndic, qui n'a pas à gérer l'entreprise mais seulement à assurer son administration judiciaire, prononcera la liquidation.
Choisir un dirigeant au sein du personnel de l'entreprise : cette solution parait la plus logique. Mais elle ne pourra vraisemblablement s'imposer. En effet, au cas où la situation de la société ne pourrait être redressée, le PDG perdra le bénéfice des ASSEDIC.
Un candidat à l'extérieur
On se tourne donc vers le choix d'un candidat à l'extérieur de l'entreprise. Des contacts, encourageants, ont été pris. Reste à savoir si la société pourra franchir le cap avec la totalité de son personnel. Pour l'instant, celui-ci continue à travailler sans se décourager.
Même si le carnet de commande est insuffisant, en raison d'une conjoncture défavorable aggravée par la baisse du dollar, des espoirs se profilent à l'horizon : création d'un réseau personnalisé, diversification de la production.
Un projet l'ornementation
L'avenir du cristal n'est plus dans les arts de la table. « Autrefois », rappelle M. François Georges, chef de production, qui compte 33 ans d'ancienneté, « les clients prenaient sans sourciller des services de 48 à 52 pièces. Maintenant, il est difficile découler un 36 pièces...
Le montent du cadeau - 250 F à 500 F- reste le même qu'il y a dix ans. Il nous faut donc offrir désormais des objets d'ornementation et des gadgets à emporter : vases, sujets, cendriers. Et créer les moules en conséquence.
Avec leur magasin de vente directe, les Arts de Portieux disposent d'un atout réel pour regarnir leur trésorerie. Une vente exceptionnelle au détail, le week-end dernier, a très bien marché... moyennant des rabais de 40 %, qui ont ramené les prix pratiqués depuis la venue de Bernardaud à un niveau plus accessible aux consommateurs vosgiens.