Faillite annoncée de la C.F.C. 12 décembre 1981.
La C.G.T. réclame une table ronde.
Dans son discours, il aura ces mots lourd de conséquences pour les Verriers de l'époque :
« La C.F.C. a accaparé les productions spécifique de Portieux ainsi que son réseau commercial. Son objectif était ensuite de se séparer de l’usine. Nous y sommes ».
Après cette harangue, M. Didelot fait voter à mains levées l'occupation de l'usine. C'est ainsi que les fours contenant la pâte de verre en fusion seront maintenus au ralenti dans l'attente d'une hypothétique reprise
L'ensemble du personnel est réuni en assemblé générale
et vote l'occupation de l'usine
Aussitôt des volontaires affluent pour se mettrent en faction, et éviter les sabotages des provocateurs qui, dans ces moments là pourraient faire courir de gros risques à ceux qui occupent l'usine.
Dès lors une ambiance des plus malsaine s'empare de la Verrerie. Pas seulement des Verriers, mais de l’ensemble de la population ouvrière. Des agitateurs virulents seront remarqués lors des réunions d'informations qui se tiennent devant les grilles de l'usine.
Beaucoup se soulagent en vociférants. Ne croyant pas aux chances d'une grève, ils accompagnent leurs paroles virulentes de grands gestes désordonnés. Des poings se lèvent. Les femmes ne sont pas en reste, elles s'agitent, injuries, menacent, prisent dans une fureur hystérique.
Certains éprouvent à l'épigastre une sensation de malaise, ils n'osent pas intervenir...trop timorés pour prendre la parole, ils laissent aux belliqueux l'honneur d'engager les polémiques. Des appels et des cris sortent d'un brouhaha continu de voix. L'hypocrisie des bien-pensants (qui seront bientôt nantis) s’oppose aux pauvres ambitions des êtres qui se débattent pour survivre dans la froidure de cette morne journée hivernale précoce !
Après avoir longtemps déblatérer, les protagonistes dont l'animosité vient de se révéler à cette occasion, semblent fumer comme des chevaux de labour. Décidément, l’entente cordiale ne règne plus à la Verrerie de Portieux qui étouffe sous un monceau de problèmes, tous plus graves les uns que les autres.
En ce jour noir l'ambiance est des plus électrique. En fait, des heurts auront lieu. Pas dans l'immédiat, mais après une évolution négative aux yeux de certains.
Colporter par la rumeur publique, des bruits font état de gens qui seraient « soudoyés par le patron! »
Après tout ! Pourquoi pas.
Il serait plus juste d'affirmer que : « n'étant pas de la même opinion que M. Didelot et consort, une minorité de verriers veulent travailler à tout prix ! »
Des clans vont se former. Il y aura les durs, ceux-là sont pour l'occupation de l'usine ; mais également les modérés, ces derniers veulent négocier tout en travaillant.
La perte de salaire qui se profile à l'horizon ne réjouit personne. A partir de ce moment, les bruits les plus fou courrons parmi les grévistes : « Attention, il faut bien surveiller les fours pour que personne ne puissent saboter ».