Nouvelle crise due à une chute des ventes
Les « Arts de Portieux » dépôt de bilan aujourd'hui
Mardi 26 août 1986
La Verrerie de Portieux est à nouveau en crise. Hier, au comité d'entreprise M. René Foltzer, le directeur général, a confirmé que la société déposerait son bilan aujourd’hui devant le Tribunal de Commerce.
Les verriers à leur arrivée au tribunal... / / ... Passez le curseur sur les têtes

Telles sont les seules informations dont disposaient hier soir les 98 salariés des « Arts de Portieux », actionnaires à 49,81 % de la société, 50,39 % étant détenus par le porcelainier Bernardeau.
Aucun plan de redressement n'a encore été présenté, mais Pour M.Foltzer, l'indispensable restructuration devrait passer par une compression de 40 % de l'effectif, soit environ 40 personnes.
A l'origine de ce nouveau dépôt de bilan, une chute des ventes qui s'est accélérée depuis le printemps, entraînant des pertes d'exploitation de 2 à 3 millions de francs.
Assemblée générale cet après-midi
Pour Robert Didelot, délégué CGT, « la situation n'est pas si dramatique. Nous allons essayer de limiter la casse », explique l'ancien membre du directoire de la société anonyme constituée par les salariés en 82.
Pour lui, cette crise, « prévisible depuis mars-avril» est d'abord due au démantèlement du réseau de vente des Arts de Portieux par Bernardeau. Lors du Conseil d'Administration du 20 août, le porcelainier, qui a acquis l'an dernier pour 800.000 F la majorité dans le capital de la société, a prévenu « qu'il ne mettrait plus un sou dans l'affaire », accuse la CGT qui entend bien défendre les emplois de la Verrerie par tous les moyens. Les ventes sauvages comme en 1981 par exemple. L'assemblée générale, prévue cet après-midi à 16 h 30, risque d'être chaude.
Le même jour la presse disait également :
Nouveau dépôt de bilan pour les « Arts de Portieux »
Une nouvelle fois la crise secoue la Verrerie de Portieux, qui a donné son nom à son village, près de Charmes. La société, victime depuis le début de l'année d'une dégringolade des ventes, dépose son bilan aujourd’hui au tribunal de commerce.
Les 96 verriers sont bien décidés à se battre pour éviter la suppression d'une quarantaine d'emplois, prix d'une nouvelle restructuration selon son directeur général M. René Foltzer, lui-même mandant du porcelainier Bernardeau.
Celui-ci l'an dernier, a apporté 600.000 F au capital social de la société, devenant actionnaire majoritaire avec 50,39 % des parts, 49,81 % étant détenus par les salariés eux-mêmes. Pour la CGT, la crise actuelle est imputable au porcelainier, qui a selon elle « démantelé le réseau de vente des Arts de Portieux au profit du sien ».
Les verriers, au cours de l'assemblée générale prévue cet après-midi, s'opposeront aux suppressions d'emplois envisagées. A cette assemblée générale du 26 août 1986 Mrs. Robert Didelot et Maxime Leroy secrétaire de l'Union départementale CGT, prononcent un réquisitoire sans complaisance contre les deux derniers PDG de l'entreprise, M; bernardeau et M. Foltzer. Voici ce qu'ils ont écrit et lu à l'assistance :