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Le 9 décembre 1981 la C.F.C. affirme au conseil d’administration que : « Sauf une aide urgente, elle ne pourra assurer la paie de décembre et sera contrainte de déposer son bilan ». Cette assertion entraîne un vent de panique chez les ouvriers.
L’Union régionale de la C.G.T., dans un communiqué, attire une nouvelle fois l’attention sur l’état de l’industrie d’art qu’est la fabrication du verre à la main. Elle dénonce : « L’absence d’une politique commerciale réfléchie et l’irresponsabilité des possesseurs du capital ».
Elle (la C.G.T.) en appelle aux ministres de l’industrie, des finances, de la culture et du commerce extérieur, et réclame à nouveau une « table ronde » à Nancy pour, je cite « que vivent Daum, Portieux, Vannes-le-Châtel, Saint-Louis, Artzviller, Trois-Fontaines, Bayel, Baccarat (cette dernière étant moins touchée que les autres, encore que ?), tous atteints directement ou indirectement par la faillite annoncée de la Compagnie Française du cristal ».
Après le communiqué paru dans la presse début décembre 1981, la C.G.C. (confédération générale des cadres) réuni en assemblée générale le samedi 12 au matin à Epinal, déclare par la voix de M. Oberlé (vice-président du syndicat de Lorraine de la chimie) que la situation de la C.F.C. (Compagnie française du cristal) est catastrophique !
Ce même M. Oberlé annonce tout de même une bonne nouvelle pour les employés de Portieux. A la suite d'une entrevue avec les dirigeants du C.I.A.S.I.(comité interministériel d'aménagement des structures industrielles) la veille au soir (donc le vendredi 11 décembre), il est en mesure d'avancer que :
« L'ensemble du personnel de la Verrerie de Portieux sera payé dés la fin du mois de décembre. »
Petit soulagement pour les salariés. Cependant les inquiétudes subsistent dans cette affaire qui risque de déboucher à plus ou moins long terme sur un dépôt de bilan.
Le syndicat de la chimie fait "corps" avec les Verriers de Portieux, et son représentant déclare que : « Les Vosges ont déjà été trop durement touchés pour que l'on puisse abandonner une seule de ses filières. »
Une force de plus dans le combat des Verriers. Ce n'est pas négligeable. Ils en auront bien besoin, car l'avenir est plutôt sombre pour eux.
En effet, le dossier présenté au C.I.A.S.I., (l’infirmerie des entreprises malades) est rejeté. Les autochtones le savent bien, il n'y a plus beaucoup d'espoir.
Pourtant, le 18 décembre 1981, deux nouvelles font l'effet d'une bombe :
1) Le dépôt de bilan de la compagnie française du cristal dont elle fait partie intégrale !
2) La convocation d'un comité d’Entreprise pour le 23 décembre avec à l'ordre du jour :
19 décembre 1981
« La fermeture provisoire de l'usine de Portieux dans l'attente d'une solution »
Samedi 19 décembre 1981
A la veille de Noël, alors que l’hiver lance ses premiers frimas, « La Nouvelle » est tombée froidement hier, vendredi 18 décembre 1981, à la Verrerie-de-Portieux. Voilà ce que dit la presse :
La C.F.C. (Compagnie Française du Cristal) dont la verrerie est une des trois unités de production encore en activité, a déposé son bilan le mercredi 16 décembre 1981 : « M. Marquot, président-directeur général de la Compagnie Française du Cristal, a déposé le bilan de la société, mercredi, à la chambre de commerce de paris. »
Telle est l’information donnée simultanément, hier matin (le 18 décembre), dans les trois usines de la C.F.C. : Bayel (Aube), Portieux (Vosges) et Vannes-le-Châtel (Meurthe-et-Moselle). Avec cette décision, ce sont mille quatre cents emplois qui se trouvent menacés.
Une mesure qui risque de se traduire par une fermeture de l’usine autour de laquelle vit tout un village.
« Fermeture provisoire », indique la direction. Toutefois, l’ensemble des trois cents salariés qui se « méfient » de la direction, a préféré « prendre les devants », a lancé la « mobilisation » avec occupation des locaux et blocage des stocks. L’heure est très grave !
Quel beau cadeau de fin d'année est proposé aux Verriers, certains diront : « Il (la direction) aurait pu attendre que les fêtes de fin d'année soient terminées ! Maintenant que le moral est au plus bas, comment faire la fête avec cette menace sur les épaules ? »
Les Verriers qui n'ignoraient rien des menaces (mais qui ne voulaient pas y croire) qui pesaient sur leur entreprise, accusent le coup,
Des ouvriers héritiers de traditions vieilles de plusieurs siècles ont les larmes aux yeux, sachant très bien la réalité qui se profile derrière cette « fermeture provisoire ».
Pourtant les Verriers vont réagir, vite !
Ainsi, à 11 heures, ce 18 décembre 1981,à l’appel de la C.G.T le travail cesse. Une réunion est décidée pour l'après-midi. Réunion à laquelle participe la majorité des 300 salariés.
Selon M. Didelot Robert la fin de l'usine était inscrite dans l'intégration de la Verrerie à la « Compagnie française du cristal ».
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