Tous les droits sont réservés par
Menu


 
précédente /

Suivante : Définition des fonctions sous M. Becker


 
Verrerie de Portieux : le plan Becker entériné par les pouvoirs publics

4 avril 1982

Le plan Becker inspiré par les syndicats CGT et CGC, présenté aux verriers réunis jeudi matin en assemblée générale, a été entériné avant hier à Paris par le CIASI. Ce plan va permettre le redémarrage de l’usine vosgienne le 19 avril.

Vendredi à Paris, la Compagnie Française du Cristal a accepté de céder pour le franc symbolique la totalité de ses locaux et de ses stocks de Portieux, à la nouvelle société (SAP), la société des Arts de Portieux.

Cette nouvelle société qui reprend la totalité du personnel (il n’y aura donc pas de licenciements) voit son capital constitué en partie par les indemnités de chômage de six mois que l'ASSEDIC aurait dû normalement payer si Portieux avait cessé sa production. Au plan de la fabrication, la société des Arts de Portieux va débuter une nouvelle production. A cette fin 120 salariés devront effectuer un stage de recyclage et 30 autres seront formés à la fabrication de nouveaux produits. Ce stage se déroulera en Suède (les verriers commencent à rêver, ils n’en seront que plus vite déçus). La SAP restera toutefois en contact avec la CFC qui s'est engagée à poursuivre la fourniture de matériel, tels les «pots».

« Le sceau du changement » écrit la CGT

Pour sûr qu’il va y en avoir, mais qui en sera les bénéficiaires ? Dans un communiqué qu'elle nous a remis hier l'UD-CGT se félicite de la solution dégagée pour la Verrerie de Portieux : «solution à maints égards exemplaires. En effet, écrit le signataire, elle a le mérite de ménager les finances publiques tout en imposant à la CFC, liquidatrice de l'usine, des engagements conséquents. Elle permet à la nouvelle société de démarrer dans des conditions optimum». Un doute ?

Et le communiqué de poursuivre : «Ainsi, une usine, une cité, 260 emplois sont sauvegardés. Cet actif est à mettre au compte de la confiance des verriers en leur profession. Confiance qui a permis une mobilisation, une lutte de premier plan. Confiance qui s'est concrétisée dans un plan de relance établi par les deux organisations syndicales CGT-CGC démontrant la viabilité de l'outil de travail. Plan affiné, conforté par Becker, ex-directeur commercial de la CFC, qui, comme les verriers, a su démontrer que Portieux pouvait continuer à produire en adaptant sa production.

Confiance encore par l'énorme soutien populaire traduit par les foules immenses aux journées «portes ouvertes» témoignant que l'opinion publique départementale avait Portieux «au cœur».

C'est cette force de conviction qui a bousculé les obstacles, surpassé les incompréhensions et les doutes.

L'UD-CGT apprécie l'attitude des pouvoirs publics en particulier départementaux sur ce dossier de Portieux qui est marqué indubitablement du sceau du changement politique, économique et social intervenu dans notre pays.

Un énorme soulagement libère toute une population. L'angoisse fait place à la foi en l'avenir.

Considéré que tout est réglé pour Portieux serait cependant une utopie. La lutte prend une dimension, une forme, un sens différents. C'est un nouveau combat qui s'engage, un combat qui impose une mobilisation, un esprit de création permanents. Il faut prendre et gagner sa place dans un marché où la concurrence est acharnée.

Aujourd'hui, ils savourent pleinement leur acquis. Ils en apprécient la portée. C'est la joie à Portieux : et ce sera la grande fête le 1er mai puisque le rassemblement départemental de la CGT sera organisé dans l'usine où se succèderont une pléiade d'artistes, groupe folklorique, fanfare et harmonie, etc... à la suite d'un grand meeting.