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Suivante : Une nouvelle délégation à paris

Défense de l'emploi dans la Basse-Moselle : 6 Février 1982

Les manifestants ont défilé dans une ville "Morte". Tous les magasins
avaient en effet baissé leur rideau
Le défilé

Manifestation et magasin fermés hier à Charmes


La manifestation organisée à Charmes par la CGT hier en début d'après-midi pour la défense de l'emploi dans la Basse-vallée de la Moselle a réuni de 4 à 500 personnes. Par solidarité (on peut en douter, par peur certainement), la plupart des commerces carpiniens avaient fermé leurs portes pendant le défilé et jusqu'à la fin du meeting. Neuf maires de communes rurales, ceints de l'écharpe tricolore, M. Didierjean conseiller général, ouvraient le cortège qui fut accueilli devant la mairie carpinienne par M. Simonin maire-adjoint, M. Gourmand étant souffrant.

Les élus du secteur marchent en tête du cortège Les élus du secteur marchent en tête du cortège

Les Verriers de Portieux, arrivés en voitures et à bord de deux cars formaient le gros de la troupe avec Vincey-Bourget, entreprise métallurgique en situation financière précaire. Les ouvriers des Ets Paul Perrin de Nomexy, filature également en mauvaise posture s'étaient joints aux manifestants où l'on notait aussi la présence isolée de quelques Boussac, et de militants communistes.

François Lhuillez et Robert Didelot, délégués CGT de Vincey-Bourget et de la Verrerie-de-Portieux expliquèrent face aux manifestants les menaces qui pèsent sur leurs entreprises et l'appauvrissement progressif des effectifs au cours des dernières années qui risquent avec la crise textile de porter un coup dur à l'économie de la région et des collectivités locales déjà touchées dans leurs recettes.

Secrétaire général de l'Union départementale CGT, M. Jean-Pierre Ferry dit au micro que si «voter à gauche est un acte politique important», il y avait encore excès de timidité, dans un certain nombre de domaines. En d'autres termes, la stratégie définie par M. Ferry est que les syndiqués CGT se comportent en partenaires du gouvernement constructifs, mais critiques, pour que les choses aillent dans le bon sens.

Cette explication donnée le leader de la CGT lança une mise en garde : « Nous disons au gouvernement, aux pouvoirs publics, attention, nous ne tolérerons pas qu'il soit attenté aux 1200 emplois que Vincey-Bourget, Paul Perrin et la Verrerie-de--Portieux représentent. Nous n'avons pas l'intention de faire le moindre cadeau aux directions générales de ces sociétés et nous luttons sur les lieux de travail pour empêcher les mauvais coups.

Mais nous attendons des appuis fermes, décidés, de ceux qui ont pour charge de gérer les affaires du pays.

Nous avons apprécié positivement la visite du Président de la République dans notre département et retenu les engagements pris. Nous exigeons qu'ils soient suivis d'effets, que la volonté du président énoncée à Epinal gagne les ministères.

Nous en avons assez de rencontrer des interlocuteurs désabusés, d'aller de ministère en ministère pour s'entendre répéter des propos plus laconiques les uns que les autres, voire parfois provocateurs.

Puisque la démocratie, le dialogue, la décentralisation est à l'ordre du jour, nous voulons que ceux qui ont à décider du sort d'une usine, d'une agglomération, d'un canton, viennent se rendre compte sur place de la portée concrète de leur action.

Lettre au Président

M. Jean-Pierre Ferry lança alors l'idée d'une table ronde l'avenir de l'emploi dans la Basse-Moselle, à l'hôtel de ville de Charmes, avec les représentants des ministres de l'Industrie, de l'Economie et du Travail.

Une lettre en ce sens a élaborée pour être envoyé Président de la République. La CGT lui demande d'être l'instigateur de cette table ronde.