Une délégation de Verriers de Portieux s'est rendue hier après-midi chez le préfet faire part de la mauvaise impression ramenée de la réunion du CIASI et pour lui demander que le verre à la main dont les professionnels ne sont aujourd'hui plus très nombreux, fasse partie des industries protégées.
Ci-dessous des images d'un autre temps, vers 1965 ! Paul François pose les pieds plaqués. Le cueilleur Bernard Schwaller (le Grand Mami) avait l'habitude de travailler avec Paul. Heureusement, car "le Pampouille" (comme l'appelaient les verriers), était une bête au travail, et il n'était
pas toujours très facile de travailler avec lui.
Le groupe était conduit par M. Jean-Pierre Ferry secrétaire départemental de la CGT, Didelot responsable de la section CGT d'entreprise et de deux cadres MM. Georges et Lacroix.
Les syndicalistes ont fait part au représentant du gouvernement de la fichue impression ramenée de Paris la semaine dernière, dont n'ont retenu que les paroles condamnant leur profession : « le verre à la main est dépassé, vous livrez un combat d'arrière-garde. »
M. Ferry, qui est lui-même un ancien verrier, a demandé à M. Hubert Blanc que l'étude de marché qui sera faite pour le compte de la Compagnie Française du Cristal ne serve pas d’alibi à la condamnation de Portieux, mais fasse l'inventaire de tous les créneaux possibles, à l'intérieur de l'hexagone comme à l'extérieur, pour tous les produits qui peuvent être développés : verres de table, objets de décoration ou utilitaires. Les verriers vosgiens peuvent en effet traiter 12 matières différentes et réaliser les petites séries comme les grandes.
On ne se laissera pas endormir !
Comme le dernier carré des verriers à la main se rétrécit comme peau de chagrin, M. Ferry a demandé au préfet que cette industrie soit protégée au même titre que d autres éléments du patrimoine artistique. Le responsable départemental de la CGT souhaite aussi que la profession soit classée parmi les métiers les plus pénibles pour que ses membres bénéficient de la retraite à 55 ans et de réductions d'horaires hebdomadaires.
Industrie de main d'œuvre par excellence, la verrerie d'art devait aussi, selon M. Ferry bénéficier des allègements de charges sociales maximum.
Quant à la reconversion, les verriers n'en acceptent pas l'idée sachant qu'au bout du compte ils ne sont pas assurés de trouver le même niveau de salaire et du travail sur place.
Les verriers restent vigilants : « Je ne veux pas que l'affaire traîne en longueur, » dit M. Ferry, pour passer sans douleur le cap des cantonales. Nous exigerons que l'on trouve rapidement une solution industrielle viable. On ne se laissera pas endormir.