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Compagnie Française du Cristal. Deux mois pour trouver une solution

13 janvier 1982

Après un entretien lundi, au ministère du Travail et, hier, au ministère de l'Industrie, la délégation syndicale de la Compagnie Française du Cristal indique qu'elle a demandé "qu'une étude très précise soit lancée par le ministère de l'Industrie, sur les possibilités de vente en services de table et ornementations cristallin et cristal et que, pendant cette étude, tout soit mis en œuvre, financièrement, pour éviter d'aggraver le déficit financier".

"Nous ne croyons pas, indique le représentant de la C.F.D.T., que notre outil de travail soit condamné, certains que nous sommes qu'il existe encore de nombreux créneaux pour le verre à la main. Nous demandons que tous moyens à la disposition des pouvoirs publics, en matière de financement de chômage technique, là où c'est indispensable, soit appliqué".

Et il précise : "Nous ne refusons pas systématiquement, et par principe, toutes les mesures de restructuration, et celles concernant notamment la pré-retraite".

Nouveaux produits

Au ministère de l'Industrie, on indique en effet que le plan social étudié avec le CIASI (Comité interministériel d'adaptation des structures industrielles) prévoit quelque 150 mises en préretraite sur les trois unités de la compagnie.

Mais le réel problème se trouve posé par l'usine de Portieux, spécialisée dans le cristallin. De fait, il s'agit d'un marché qui s'est effondré. Le sort des 267 salariés de Portieux est donc en jeu. C'est pourquoi des études vont être entreprises sans tarder pour étudier d'éventuels marchés potentiels et la possibilité de "sortir" de nouvelles gammes de produits.

Plusieurs semaines vont être nécessaires pour conduire cette quête. C'est pourquoi un sursis de deux mois va être négocié avec le syndic nommé après le dépôt de bilan, fin décembre, de la Compagnie Française du Cristal. Il sera également demandé aux banques d'assurer leur soutien financier pendant cette période.

La C.F.D.T. précise qu'elle « ne dit pas non à toutes ces mesures, mais refuse de considérer une situation perdue d'avance au seul regard des données chiffrées ».

Il faut aussi souligner que le problème de cette entreprise se trouve posé dans une région déjà lourdement pénalisée sur le plan de l'emploi.

Pour que leur industrie soit protégée, les verriers de Portieux chez le préfet

14 janvier 1982

Une délégation de Verriers de Portieux s'est rendue hier après-midi chez le préfet faire part de la mauvaise impression ramenée de la réunion du CIASI et pour lui demander que le verre à la main dont les professionnels ne sont aujourd'hui plus très nombreux, fasse partie des industries protégées.

Ci-dessous des images d'un autre temps, vers 1965 ! Paul François pose les pieds plaqués. Le cueilleur Bernard Schwaller (le Grand Mami) avait l'habitude de travailler avec Paul. Heureusement, car "le Pampouille" (comme l'appelaient les verriers), était une bête au travail, et il n'était
pas toujours très facile de travailler avec lui.


Paul François poseur de pieds plaquésPaul François poseur de pieds plaqués


Le groupe était conduit par M. Jean-Pierre Ferry secrétaire départemental de la CGT, Didelot responsable de la section CGT d'entreprise et de deux cadres MM. Georges et Lacroix.

Les syndicalistes ont fait part au représentant du gouvernement de la fichue impression ramenée de Paris la semaine dernière, dont n'ont retenu que les paroles condamnant leur profession : « le verre à la main est dépassé, vous livrez un combat d'arrière-garde. »

M. Ferry, qui est lui-même un ancien verrier, a demandé à M. Hubert Blanc que l'étude de marché qui sera faite pour le compte de la Compagnie Française du Cristal ne serve pas d’alibi à la condamnation de Portieux, mais fasse l'inventaire de tous les créneaux possibles, à l'intérieur de l'hexagone comme à l'extérieur, pour tous les produits qui peuvent être développés : verres de table, objets de décoration ou utilitaires. Les verriers vosgiens peuvent en effet traiter 12 matières différentes et réaliser les petites séries comme les grandes.

On ne se laissera pas endormir !

Comme le dernier carré des verriers à la main se rétrécit comme peau de chagrin, M. Ferry a demandé au préfet que cette industrie soit protégée au même titre que d autres éléments du patrimoine artistique. Le responsable départemental de la CGT souhaite aussi que la profession soit classée parmi les métiers les plus pénibles pour que ses membres bénéficient de la retraite à 55 ans et de réductions d'horaires hebdomadaires.

Industrie de main d'œuvre par excellence, la verrerie d'art devait aussi, selon M. Ferry bénéficier des allègements de charges sociales maximum.

Quant à la reconversion, les verriers n'en acceptent pas l'idée sachant qu'au bout du compte ils ne sont pas assurés de trouver le même niveau de salaire et du travail sur place.

Les verriers restent vigilants : « Je ne veux pas que l'affaire traîne en longueur, » dit M. Ferry, pour passer sans douleur le cap des cantonales. Nous exigerons que l'on trouve rapidement une solution industrielle viable. On ne se laissera pas endormir.