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Les fastes retrouvés de Portieux

 
Samedi 8 décembre 2001

Le 9 septembre, la Cristallerie a engrangé trois fois plus de commandes qu'en 2000 au salon des Arts de la table. Presque tous les clients ont confirmé après les attentats !

La réussite tient parfois à un fil. Deux jours avant les attentats, la Cristallerie de Portieux avait largement garni son carnet de commandes, grâce à ses dernières créations. La série Montespan, une gamme de verres opalescents, remporte un « succès fou », selon la formule de Claude Didon.

Le directeur de l'unité vosgienne a participé à la réalisation d'un verre de dégustation pour grands crus, avec Serge Dubs, meilleur sommelier du monde en 1989. Amateurs de bons vins, œnologues, grands chefs, se disputent aujourd'hui cette création imaginée par Serge Dubs, qui est aussi 1e grand prêtre de la cave de l'auberge de l'Ill à Ilhausern. Annoncé comme incomparable pour l'exaltation des nuances aromatiques du vin, notamment d'Alsace, ce verre est composé de cristal 24% soufflé bouche et a été fait main par les maîtres verriers vosgiens.

Depuis six ans, la Cristallerie de Portieux a retrouvé la sérénité. Le succès du salon de Paris permet à Portieux d'envisager l'avenir avec un certain optimisme, au moment où nombre d'autres cristalleries souffrent des affres de la conjoncture. Une sorte de revanche pour l'entreprise qui a connu tant de coups du sort et d'aléas. Au bout de trois siècles, l'entreprise est toujours vivante grâce au savoir-faire de ses ouvriers de véritables artistes : « Nous avons aussi été sauvés par un investissement de 2,5 MF consenti en 1985 : un four contrôlé par microprocesseur », précise aussi 1’ancien chef d'atelier Claude Didon qui va partir en retraite après 37 ans et demi de carrière. Son ultime souci : préparer la relève, trouver des jeunes qui partagent sa passion.

Nous avons aussi été sauvés par un investissement de 2,5 MF consenti en 1985 :
un four contrôlé par microprocesseur

Photographie © Gérard Triboulot mars 2003
Antonio Lourenco dans ses oeuvres

Dimanche 9 décembre 2001

Les bonnes affaires de la verrerie de Portieux

Le rendez-vous est attendu chaque année. Jusqu'à ce soir, la verrerie de Portieux ouvre ses portes au public. Bien sûr pour le site, voisin de Charmes et Vincey, l'occasion est trop belle de présenter les nouveaux produits en matière d'arts de la table. Mais pas seulement. "Nous voulons montrer au public un savoir faire pour un métier plutôt spécial. C'est comme cela que les gens assimilent le pourquoi des tarifs que nous pratiquons " se félicite Claude Didon, le directeur de l'endroit, qui emploie 26 personnes.

Autour du four qui dégage une température en fusion de 1 500°, 12 salariés ont pris place. Des salariés très avisés pour assurer une mission digne d'orfèvres rigoureux. C’est dire si être affecté à la fabrication de ces pièces de cristal est vécu par ces hommes tel un indescriptible bonheur.

« Un beau métier »

A l'image de Jean-Pierre Pelletier qui officie depuis 37 années. "Etre souffleur c'est agréable. C'est un beau métier, on s'amuse ( ?). L'important est surtout de faire plaisir aux gens. Mais il faudrait que la relève vienne !"

Des écoles existent en effet. Histoire de faire vivre cet art merveilleux. La verrerie de Portieux en tout cas n'hésite pas à solliciter les demandeurs d'emploi.

Mais un bon ouvrier se mesure à la longueur de sa formation. Et celle-ci égale souvent une quinzaine d'années. Car même aux prises avec les réalités du terrain, un souffleur de verre poursuit son apprentissage. Fondée en 1705, la cristallerie de Portieux a connu de riches heures. Avec 1 000 salariés occupés jadis à la conception, l'activité de l'endroit était particulièrement dense.

Aujourd'hui, la tâche est identique. Si les armes de la création ont évolué, les gestes demeurent. C'est ainsi que les lieux produisent 400 verres chaque jour et une kyrielle d'articles relatifs à l'ornementation.

Et avec un chiffre d'affaire annuel de 8 MF (12 195 92,14 €), les responsables de la cristallerie, qui appartient au groupe mosellan Faïence et cristallerie de France, parcourent le monde et ses salons. Car la concurrence mettent les entreprises hexagonales à rude épreuve. "En France, le cristal est véritable. Mais dans les pays de l'Est, c'est souvent du verre ordinaire, façonné avec un design discutable. En plus, ils ne sont pas très bons sur leurs délais de livraison !" renchérit Claude Didon. "Donc, nous sommes obligés de jouer sur la qualité."

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Les beaux jours de la cristallerie de Portieux

Reprise en mai 1996 par la société Faïence et Cristal de France, la Cristallerie de Portieux connaît aujourd'hui de beaux jours. Visite guidée au coeur d'une entreprise qui allie rigueur, qualité et initiatives individuelles.

"Notre usine date de 1705. Si, à l'heure actuelle, elle n'emploie plus que 26 personnes, au début du siècle, l'entreprise employa jusqu'à 1000 personnes avec une production journalière de 38 000 pièces réparties entre six fours". Comme nombre d'entreprises, la Cristallerie de Portieux, située au cœur du village de La Verrerie-de-Portieux, ouvrent, ses portes au public. L'occasion de découvrir l'art des maîtres-verriers à l'ouvrage.

"Notre société se situe à mi-chemin entre le monde industriel et le monde de l'artisanat', confie Jean Jacquet qui, il y a cinq ans, à l'époque où la Cristallerie connaissait de sérieuses difficultés, a repris l'entreprise avec son fils Marc. "Le verrier est un artisan et un artiste, poursuit celui qui se définit comme le patriarche, ce qui fait le côté extraordinairement séduisant du métier, ce qui fait aussi la difficulté d'entreprises comme celles-ci à assurer leur présent et leur avenir."

"Prendre les virages au bon moment"

"Mais depuis cinq ans, nous sommes parvenus à remonter la pente, il s'agissait de prendre les virages au bon moment ; poursuit Jean Jacquet qui est également à la tête d'une fabrique de faïences traditionnelles à Niderviller et de la Cristallerie de Vallerysthal en Moselle. Pour l'industriel, "il est vrai que le monde change, les marchés deviennent mondiaux et les politiques de produit se diversifient." "Pour des entreprises à dimension humaine, comme la nôtre, reprend Jean Jacquet, il s'agit de suivre le même train que les grandes sociétés en ayant des ambitions, mais il s'agit aussi de faire en sorte que la grenouille ne se prenne pas pour le bœuf"

Notre ambition poursuit le dirigeant, c'est de bien asseoir notre existence. Nous nous efforçons d’aller chercher les marchés là où ils sont". Le cristal faisant partie d'une niche très étroite, il s'agit de cibler très soigneusement. Ainsi, la Cristallerie de Portieux, qui réalise entre 8,5 et 9 millions de francs de chiffre d'affaires par an, exporte aux Etats-Unis, au Japon ou encore en Italie.

"Pour nous, le cristal, c'est un produit magique. On aime beaucoup notre cristal, on croit énormément à sa pérennité, c'est ainsi que l'on fait des efforts constants pour commercialiser de beaux produits" ; ajoute Jean Jacquet dont l'objectif est de bien stabiliser la Cristallerie. "Par le passé, notre entreprise a été matraquée, avec un changement de bilan tous les deux ans, mais aujourd'hui, c'est bel et bien terminé."

Le public peut désormais découvrir une entreprise saine à dimension humaine et "dans laquelle on se sent bien." Emmenés par la responsable du magasin, Marie-Pierre Perrin, les visiteurs sont invités à côtoyer les verriers, qu'ils soient cueilleurs, souffleurs, porteurs à l'arche ou encore poseurs. Ils peuvent ainsi visiter la "grande place", là où sont réalisées les pièces d'ornementation, c'est-à-dire les vases, les coupes à fruits, les sucriers ou encore les gobelets. Direction ensuite la "petite place" ou la "place du verre" : là sept personnes sont chargées de fabriquer des verres à pied uniquement.

"Chaque pièce après fabrication, doit être recuite à une température de 400 °C, souligne la guide. Cette étape permet de stabiliser le cristal en éliminant les tensions dues aux différents changements de température lors du soufflage. "

A la sortie du four, un premier contrôle qualité est effectué. "A ce stade, fait remarquer Marie-Pierre Perrin, le verre n'est pas utilisable : il faut donc le couper à la bonne hauteur, le biseauter car il est tranchant et le rebrûler pour permettre au cristal de fondre et s'arrondir naturellement en retrouvant son brillant." Les pièces sont à nouveau recuites avant d'être estampillées puis contrôlées et expédiées. Ainsi naissent de véritables œuvres d'art qu'il est possible d'acquérir au magasin d'usine.