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Cristallerie de Portieux : les portes ouvertes continu

 
Dimanche 7 décembre 1997

Malgré le mauvais temps, le public est venu nombre, y compris un certain Eugène Pacholski...

« Au début, ce pied en torsade surprend, et puis... » Benoît Louppe, d'Epinal, attarde son regard sur le service « Inès de la Fessange ». « Plus d'un est venu voir les verriers souffler, mais aussi ça... » Cet anesthésiste d'Epinal a eu la bonne idée de ne pas s'endormir et de faire honneur aux Portes Ouvertes à la Cristallerie de Portieux, dès hier matin. Avant l'affluence de l'après-midi.

Période de fêtes aidant, les visiteurs se sont pressés autour des créations de « Faïence et Cristal de France ».

La foule aux portes ouvertes de décembre 2003

Photographie © Gérard Triboulot 8 décembre 2003


Un métier à faire connaître

Les souffleurs y ont mis tout leur cœur : « Pour moi, ce ne sont pas des ouvriers, mais des artistes ! », dit Jean Haarburger, président des Anciens de la Verrerie et guide bénévole : « les gens sont émerveillés par le doigté, l'habileté, la créativité des verriers ! Ce qui m'étonne, c'est que les Amis des Arts, comme André Roth, ne fassent pas des films sur la fabrication du verre, pour les diffuser dans les écoles, pour faire connaître le métier de verrier. »

L'hommage des gens de Baccarat

Devant Gérard Fève, dit « Johnny », qui ralentit ses gestes, pour le public, devant le four rougeoyant, Raymonde Bacour, née à Vincey, mais domiciliée à Neuves-Maisons, ne cache pas son admiration : « je suis venu prendre un sucrier en forme de poule, comme d'habitude. Une bleue, une blanche. Un beau cadeau pour Noël, pas cher ! »

« Réchauffeur » et cueilleur de pieds, Jean-Claude Savoy se félicite de l'ambiance qui règne ici, la meilleure qu on ait vu depuis longtemps.

Isabelle Collot
Isabelle Collot : travailler dans un magasin plus accueillant et chaleureux
 
Au magasin, agrandi et réaménagé sous les mains expertes d'Isabelle Collot, Michèle Lacaque commente : « D'abord, on trouve que c'est cher, mais quand on voit le travail, on se dit que c'est justifié... » Elle est venue avec sa copine de la capitale prestigieuse du cristal, Baccarat. Tout comme Eugène Pacholski, chef de fusion retraité, qui a travaillé ici comme consultant technique, à la demande de MM. Bernardaud et Rosé, en 1983 : « Je viens de voir les verriers d'ici, ils travaillent aussi bien que ceux de Baccarat, le potentiel, vous l'avez encore, et ils en veulent ! », lance-t-il à l'adresse de Claude Didon et Jean-Pierre Albus. Bel hommage !

Ici il faut mettre les choses au point. Un autre verrier retraité lui aussi de Baccarat et moniteur verrier en fin de carrière à Baccarat, M. Robert Triboulot, meilleur ouvrier de France m’affirmait en mars 2003 que : « Aucun verrier de Baccarat n’est capable de travailler à la cristallerie de Portieux. S’il se trompe le verrier de Baccarat recommence, ici ce n’est pas possible ! »
Ces dires seront confirmés en Mars 2003. La célèbre cristallerie de Baccarat ayant prêté pour dépanner et pour 15 jours un « ouvreur de grande place » à la petite cristallerie de Portieux, l’ouvreur en question, incapable de mener à bien son travail sur la grande place, ne se présente pas sur le four pour la deuxième semaine, cela bien entendu sans prévenir quiconque à Portieux. Plus grave encore, ce M. au titre pompeux « d’ouvreur de grande place » et sortant de l’école de Baccarat avec son « bout de papier » en poche, accuse les verriers de Portieux « de lui avoir volé une paire de ciseaux de verrier »… c’est pour cela qu’il n’est pas revenu travailler à Portieux comme le prévoyait sa deuxième semaine de prêt. Moralité : le plus grand cristallier et les meilleurs verriers ne sont pas ceux que l’on croit !