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« Inès de la Fressange » et Portieux scintille

 
Vendredi 10 octobre 1997

Le célèbre mannequin Inès de la Fressange vient de prêter son nom aux verres de la cristallerie de Portieux, distribués au Printemps Haussmann et à « la maison d'Inès » à Paris. Un atout de plus pour la relance de l'entreprise reprise il v a un an par Jean Jacquet, qui investit dans la distribution : développement du magasin d'usine de Portieux, ouverture le 15 octobre d'une boutique rue des Quatre vents à Paris, essor de l'export qui représente 45% du chiffre d'affaires.

Le célèbre mannequin Inès de la Fressange


C’est déjà un succès qui conforte le redémarrage prudent de l’entreprise.

Il y a un an, l'industriel Jean Jacquet, ex-patron de la sidérurgie, reprenait la Cristallerie de Portieux. L'attrait pour un produit auquel il croyait. Qu'en est-il aujourd'hui ? Son fils Marc, 29 ans, financier de formation, a repris les rênes. Homme-orchestre, à la fois directeur administratif et commercial, il mène de front la restructuration de l'entreprise, la relance des ventes à l'export, les programmes d'investissement.

Marc Jacquet


« La bataille n'est pas encore gagnée, dit Marc Jacquet, mais on a très bien identifié les niches. On sait où aller. On est une petite unité, on a de bonnes chances d'être l'une des dernières rescapées de la cristallerie en crise : on a énormément de demande en pièces de série limitée et en pièces uniques. Par exemple, nous sommes l'un des derniers à avoir la maîtrise et le savoir-faire pour les taste-verres « Impitoyables »

45 % à l'export

Pour s'en sortir, il faut vendre soi-même, intégrer la distribution, trouver des accords avec des partenaires déjà installés. Et beaucoup travailler à l'export, au Japon, en Italie, aux USA « Exporter, c'est gentil à dire, mais difficile à faire cela prend beaucoup de temps. On réalise actuellement 45 % de notre chiffre à l'export. »

Le verre "Inès de la Fressange" :
du haut de gamme à prix modéré


« Faïence et Cristal de France » participe à des salons tous azimuts, en Australie, à Taiwan, en Asie du Sud-Est : « On en est à l'ébauche...

Depuis un an, Portieux a investi dans six créations services de table contemporain et classique, qui comblent un trou dans les gammes et répondent à la demande de distributeurs étrangers, développement d'une politique de licence « Avec Inès de la Fressange, on fabrique et distribue toute une gamme de verres et d'objets de décoration en cristal. Nous sommes présents à « la Maison d'Inès », rue de la Rochefoucault, dans le IXe. Vuitton est derrière nous et nous fait confiance pour le suivi et la qualité. »

La qualité d'abord


Un projet d'apprentissage

Marc Jacquet a embauché, le 15 septembre, Jean-Pierre Albus, un ingénieur chimiste formé à 1’école de céramique de Limoges. Il s'occupera de la programmation des flux de production auprès de Claude Didon, chargé des moules et de la qualité du cristal.

Gérard Adam fabrique un bouchon sous l'oeil de l'ingénieur chimiste Jean-Pierre Albus à gauche, et de Claude Didon le responsable du site de Portieux


Autre projet : « Dès qu'on aura atteint notre rythme de croisière, l'an prochain, on préparera l'avenir : l'apprentissage est une clé de la pérennité de l'entreprise. Il faut dix ans pour faire un verrier. Nous n'avons aucune vocation industrielle de masse, notre métier, c'est le sur-mesure, avec une qualité à améliorer, un positionnement sur des niches. »

Quelques chiffres

SA « Faïence et Cristal de France »

PDG : Jean Jacquet.

Directeur général: Marc Jacquet.

Effectif : 90 salariés. Sur trois établissements : 25 salariés à la cristallerie de Portieux (fabrication du brut, le verre avant la taille), 55 à la faïencerie de Niederviller, 10 à Vallerysthal, voué à devenir un « centre patrimonial » : d'anciens verriers feront des démonstrations, souffleront, travailleront à la canne et au chalumeau devant le public.

Dépolissage d'une verre "Dauphin" par Jean-Paul Didelot. "Dauphin" une exclusivité de la cristallerie qui marche, tout comme la série "Plume"


Renforcer le magasin d'usine

Fin novembre, auront lieu des portes ouvertes dans un magasin réaménagé. La société envisage de renforcer sa distribution en centre-ville, dans des magasins propres ou partagés avec des fabricants français de même dimension, travaillant dans des métiers connexes : linge de maison des Vosges, coutellerie de Thiers, arts de la table : « On est déjà au Printemps Haussmann ; avec un ami porcelainier de Limoges, on va monter, le 15 octobre, une boutique rue des Quatre Vents, derrière le boulevard Saint-Germain. »

« Notre métier le sur-mesure »

Objectif : « Proposer du haut de gamme à un prix raisonnable. Le principal problème, en France, est celui de la distribution. Elle a beaucoup changé. Les détaillants sont en perte de vitesse sur l'art de la table. On va renforcer notre magasin d'usine, favoriser les promotions, les cartes de fidélité. » Autre projet « Dès qu'on aura atteint notre rythme de croisière, l'an prochain, on préparera l'avenir l'apprentissage est une clé de la pérennité de l'entreprise. Il faut dix ans pour faire un verrier. Nous n'avons aucune vocation industrielle de masse, notre métier, c'est le sur-mesure, avec une qualité à améliorer, un positionnement sur des niches. »