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Nouveau souffle pour la cristallerie

 
19 août 1997

Après trois semaines de congés payés, les 25 salariés de la Verrerie-de-Portieux ont repris hier matin le chemin de l’usine. La cristallerie qui réalise 60% de son chiffre d’affaires à l’exportation, a aujourd’hui pignon sur rue à New York.

Christine Ferry à l'œuvre, les visiteurs sont émerveillés


C'est la rentrée de tous les espoirs pour les verriers vosgiens qui, au terme de deux décennies difficiles, voient gonfler leurs carnets de commandes. "60 millions de centimes de chiffre d'affaires mensuels nous sont nécessaires pour tourner, nous avons atteint les 84 millions en juillet." Des résultats à la hausse, salués par le responsable du site Claude Didon.

2 000 articles référencés

Au savoir-faire maison, Jean Jacquet et son fils Marc, les nouveaux dirigeants des cristalleries de Portieux depuis 1996, ont su apporter la créativité. Grâce à une politique commerciale incisive, l'usine créée en 1705 par le majordome du duc Léopold de Lorraine, renoue avec le haut de gamme des arts de la table.

Profitant de l’attractivité exercée par les produits de luxe français, Jean et Marc Jacquet se lancent à la conquête du marché international. Dans un premier temps ils lancent leur bâton de pèlerin à New York. Un magasin de vente destiné aux grossistes d'Outre Atlantique ouvre ses portes en début d’année.

Parmi les 2 000 articles référencés à la cristallerie, les Américains avouent avoir un faible pour les services à dominante colorée. "Ils choisissent des verres à paraison ambre ou azur et nos coupes dauphin. Ils plébiscitent également les verres à Martini et les carafes.", note Claude Didon. "Chaque pays a des préférences. Le Japon privilégie les services de verres classiques à jambe tirée ou à dégustation. Nous vendons là-bas énormément de verres à vin d'Alsace et de verres évasés, de type Chambertin. L’Egypte nous commande des grosses pièces comme des vases. L’Italie joue la couleur. Nous avons également depuis peu des contrats avec lAustralie. " Pour faire face à la demande 450 verres sortent chaque jour du four de la cristallerie.

Claude Didon le directeur du site de Portieux


Un modèle pour Ines de la Fressange

Si 60% des productions réalisées à la main et soufflées à la bouche par sept ouvriers différents, sont destinées à l'exportation, l'entreprise ne délaisse pas pour autant le marché intérieur. La cristallerie dont les modèles auréolent les tables de la Tour d'Argent, a signé des verres pour les plus grands chefs de cuisine français. A son palmarès, Bernard Loiseau, Emile Lung et Marc Héberlin.

L'ancien mannequin vedette Ines de la Fressange vient par ailleurs de faire appel aux Arts de Portieux pour le lancement d'une gamme inédite, qui s'ajoute désormais à celle de Muriel Grateau. Pour l'heure, les dirigeants préparent le prochain salon national "Maisons et Objets", prévu début septembre à Villepinte. Cette vitrine de la profession, sera l'occasion pour les souffleurs de la vallée de la Moyenne Moselle de présenter leurs dernières créations.

Bernard Magnier pose les jambes, Jean-Claude Savoy
pose les pieds, Pascal Magnier cueillle.


Autant de conceptions contemporaines dans la lignée des grands indémodables des vaisseliers d'antan ; tels ces verres Mirabeau, Blois ou Pompéi, aujourd'hui centenaires et familièrement appelés services "grand-mère" par les ouvriers. " Ce sont des services auxquels ils manquent certaines pièces, héritages de famille que la jeune génération cherche à compléter", précise la responsable du magasin de vente. Un passage obligé très fréquenté des touristes en cette période estivale. De quoi redonner du baume au cœur aux 25 salariés de la cristallerie. Ils étaient 350 au milieu des années 70.