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7 novembre 1996
Rebaptisée "Faïence et cristal de France", la verrerie de Portieux reprise le 15 mai dernier, veut croire en son avenir.
En treize ans, six dépôts de bilan. Le chiffre est lourd et suffit à résumer l'état d'esprit des salariés de la Cristallerie. L'entreprise, reprise en mai dernier par Jean Jacquet, a vécu un nombre impressionnant de turpitudes ces dernières années avec, notamment cet hiver, les démêlés judiciaires de Jean-Charles Pascaloni.
Le 15 mai, le tribunal de Metz désignait, parmi quatre autres candidats, Jean Jacquet et son fils Marc, pour reprendre la cristallerie. Président de l'usine d'électricité et des transports en commun de Metz, ancien PDG de Renault Véhicules Industriels, il a repris avec un réel enthousiasme les Faïenceries de Niderviller et la Cristallerie de Vallérysthal (propriétaire de la Verrerie de Portieux).
« Nos nouveaux directeurs sont des gens qui se sont battus », explique Claude Didon, responsable du site. « Ils n'étaient nullement obligés de reprendre la verrerie. Ils n'avaient bas besoin de cela. C'est un état d'esprit nouveau différent de celui des autres repreneurs. »
Claude Didon, responsable du site le jour du "pot" de sa retraite
Photographie © Gérard Triboulot 10 avril 2003

Et les 23 employés suivent. Comme pour le salon Maisons et objets à Villepinte (93) où depuis hier, l'entreprise expose sur un stand commun avec les Faïenceries de Niderviller et la Cristallerie de Vallérysthal, ses nouveaux produits.
« Pour le salon, nous avons relevé un vrai challenge. Habituellement, la préparation débute plus de trois mois avant l'inauguration. Ce qui laisse le temps de créer, de faire des moules. Là, c'est en huit jours qu'il a fallu concocter de nouveaux produits. Tout en fabriquant les articles habituels. Cela n'aurait été possible sans la participation de tous. La direction a mis les moyens financiers, pour acheter notamment les couleurs. J'ai dû effectuer en très peu de temps leurs recherches. Le jaune est très rare chez nous. Comme le rouge. »
Une couleur que les verriers n'aiment pas. « Elle est très, très difficile à réaliser », explique Claude Didon. « Car c'est une teinte instable et qui demande un travail fou. Et pourtant, les hommes ont suivi pour donner une autre image de la verrerie. »
Côté formes, l'entreprise a lancé des nouveautés mais a aussi actualisé un service des années 70. « Un modèle qui revient très à la mode » selon la créatrice, Marlijn Lalissé Godé.
La polyvalence pour les grosses pièces
Les salariés jouent aussi la carte de la polyvalence. Subissant une baisse de la demande sur les grosses pièces comme les vases, l'entreprise recycle les verriers « de la grande place » à la production de petites pièces de 150-200 gr. « Cela les change. Ils étaient habitués à manier des blocs de verre de 3-4 kilos... »
Un bouleversement que les verriers acceptent bien : « Ils font confiance à M. Jacquet car ils savent que c'est un homme d'expérience. Et que si cette expérience échoue, c'est fini pour nous tous. »
Même état d'esprit chez le personnel du "froid". « L'ambiance est bonne maintenant », remarque Violette Savoy. « On n'est plus sous pression. Et c'est le dernier recours. Il faut espérer que cela marche et que l'on sorte du tunnel. Mais tout le monde est quand même optimiste. »
« La direction n'a pas mal géré l'entreprise depuis le mois de mai », note Francine Faron, tailleuse-choisisseuse, salariée depuis 40 ans de la Verrerie. « Et on sent qu'ils ont la volonté de sortir l'entreprise de ses problèmes. »
Côté fournisseurs, le nom du nouveau PDG et son expérience ont contribué à restaurer la confiance. Et côté débouchés, quatre représentants cherchent de nouveaux clients. Un voyage de prospection en Asie est notamment prévu. Question projets, Claude Didon, le responsable du site l’affirme : » Quand la situation sera stabilisée, Faïence et cristal de France compte embaucher. « Serait-ce une lueur d’espoir pour la Verrerie ?
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