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Portieux : la cristallerie ne veut plus de friches

 
1996

Visite entre gens de bonnes intentions hier, pour faire cristallerie de Portieux un lieu attirant le touriste... et les clients

« Nul ne sera plus heureux que moi, si ce n'est mon ami Claude, si demain nous pouvons atteindre un chiffre d'affaires suffisant pour embaucher du personnel. »

Avec des manières mi-bon père de famille, mi-ancien général parachutiste, Jean Jacquet prend par les épaules son responsable de production, Claude, à qui il promet, devant le préfet d'embaucher une personne, un tailleur. « Il faut l'avouer on est ric-rac en effectif mais les coûts salariaux représentent 70 % du budget. Tant que nous n'aurons pas atteint les 7 MF de chiffre d'affaires annuel, nous ne pourrons pas embaucher plus. C'est le seuil de redéploiement positif. Certains mois on l'atteint, d'autres non. »

Raser les friches

Dominique Schmitt, lui suggère de « prendre quelques apprentis. » Jean Jacquet ne relève pas. Son objectif, hier, en recevant le préfet entouré de son staff économique et le conseiller général, était de convaincre que la cristallerie de Portieux est prête à redémarrer, à condition de s'inscrire dans un projet plus global.

Visite des ateliers

N° Claude Didon N° Dominique Schmitt préfet des Vosges N° Jean Jacquet PDG de la cristallerie de Portieux N° Inconnu N° Inconnue N° Claude Lerognon

« A Vallerysthal, nous recevons deux ou trois cars par jour. Ici, quand un car vient l'été, c'est extraordinaire. C'est normal, rien n'est fait pour. Il faudrait que les friches industrielles autour soient rasées, et que l'on fasse quelque chose pour accueillir les touristes. Il faut une terrasse sympa, de l'ombre... De notre côte, nous pourrions faire visiter l'entreprise. »

Le PDG ajoute à ces conditions l'aménagement d'un vrai magasin d'usine « à la hauteur de la qualité des produits que nous vendons. Aujourd'hui nous faisons seulement 15 % de notre chiffre ici, c'est insuffisant. »

Terrain neutre ?

Message que le préfet est visiblement prêt à entendre, il fera d'ailleurs le point sur le Projet de reconversion de la friche par l'établissement public Métropole Lorraine, mais en aparté avec le seul PDG. La partie publique consistait en une aimable visite. Le temps pour le préfet d'admirer les collections, les nouveautés éditées cette année en couleur à partir de moules des années 50. Et de confirmer tout le bien qu'il pense du repreneur : « Je l'ai vu à l'œuvre dans le sauvetage de la sidérurgie, il ne peut pas y avoir meilleur pilote dans le dispositif » assure-t-il.

Remarquée, l'absence du maire de la Verrerie a été regrettée par Dominique Schmitt. « Je provoquerai des réunions pour que nous envisagions ensemble l'avenir. » Comme pour rappeler que la cristallerie n'est pas un terrain neutre, la CGT avait précédé la visite préfectorale d'un communiqué précisant que « l'actuelle direction voudrait bien réduire les frais en récupérant les installations pour le franc symbolique, mais ne déléguant à d’autres les réparations et l’entretien, qui sont urgents. »