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Un prix national pour " Cristal et Arts de Portieux"

Sans date mais de 1995

Un moule géant pour la Cristallerie, de Portieux

Claude Didon devant le moule
Claude Didon devant le moule

Dessiné par une styliste vosgienne, le nouveau vase à plumes accompagne la réédition d'une série de coupes figurant dans le catalogue de... 1914.

« Une course contre la montre ». Claude Didon évoque le sprint entamé en mars et qui s'est terminé le 2 septembre à 3 h du matin dans les ateliers de la Verrerie de Portieux.

Quelques heures plus tard, le vase « Plumes » figurait en bonne place au salon Bijhorca, porte de Versailles à Paris. Symbole de l'effort de renouveau entrepris par la plus ancienne entreprise du département. Les créations traditionnelles de la Cristallerie sont si appréciées qu'elles monopolisaient la vitrine du salon : « Nous sommes les seuls à fournir une gamme aussi variée dans notre créneau de qualité », explique Jean-Paul Demay, le PDG.

Le vase treille
Le vase treille

Depuis mars, l'entreprise innove tous azimuts. Et cela semble enfin payer, malgré les à-coups d'une conjoncture difficile. Les détaillants ont fait un succès aux coffrets de deux verres gravés au nom des grands chefs : Jean Bardet, Georges Blanc, Gérard Boyer, André Chariol, Michel Guérard, Marc Haeberlin, Emile Jung (qui a commandé un verre à bière au grain fabuleux), Bernard Loiseau, Marc Meneau... il ne manque peut-être que Troisgros, jugé trop gourmand par les Vosgiens.

Fleurs et animaux de l'Art Nouveau

La verrerie a aussi rénové la tradition en faisant appel à une styliste de Vagney, Mme Godé. Cette diplômée des Beaux-Arts de Nancy, qui a déjà travaillé pour la Cristallerie de Sèvres, a créé des vases et coupes restituant la marque de Portieux. Une partie soufflée, une partie moulée. Des motifs à plumes bien dans la lignée de l'Art Nouveau déjà illustré par les fameux vases « Dauphins ».

Pour réaliser le moule, d'une dimension sans précédent, la société SNFR à Ingswiller (Bas-Rhin) est allée jusqu'au bout d'une technologie sophistiquée. Le résultat a agréablement surpris le public de professionnels de « Bijhorca », également séduit par la résurrection de joyaux exhumés des catalogues de 1914. Vases « treille », lorrain, à motif de main ou de chinois trône désormais dans le magasin de Portieux. C'est un spécialiste des Emaux de Longwy, M. Peiffer, qui a prêté la main à ces œuvres en cristal et émaux à chaud. Splendide.

Christine Ferry et la coupe dont une partie est soufflée, l'autre moulée
Christine Ferry

Des verres pour « Airbus » !

Actuellement, le carnet de commandes de la Cristallerie est satisfaisant. Cela est dû à une diversification étonnante dans des créneaux spécialisés. L'entreprise vosgienne a fabriqué des objets en verre coloré, en séries courtes, pour l'aviation et l'industrie ferroviaire : balises pour pistes d'aéroport, voyants d'ailes pour Airbus, signalisation pour les voies ferrées. L'ingénieur chimiste maison, M. Benoît, a mis au point les mélanges sophistiqués nécessaires à la confection de ces objets soumis à de drastiques contrôles de qualité.

Samedi 17 juin 1995

Le jury du concours du Centre national des arts culinaires est amoureux du « Roméo et Juliette », un bougeoir et un vase conçus créatrice du Haut-du-Tôt.



1705 : Léopold de Lorraine demande à son majordome, François Magnien, de fonder une manufacture pour garnir sa table ducale. 1914 : la fameuse ligne des « Dauphins » apparaît dans le catalogue de la cristallerie de Portieux.

Le pari de la création

1994 : le designer américain Eugène Brunelle crée la ligne « Ellipse ».

Héritière d'une longue tradition, l'entreprise de la Verrerie continue à innover en faisant appel à des créateurs contemporains. Wilmotte a décoré la collection de verres utilisée par les chefs de l'Etat réunis sous la pyramide du Louvre, en 1987, pour le sommet du G7.

Pour le salon Bijorhca, en septembre à Paris, la firme vosgienne a présenté la ligne « Plume », un vase et une coupe conçus par une créatrice diplômée des Beaux-arts de Nancy, Marlijn Lalisse Godé, installée au Haut-du-Tôt.

Christian Dautel

Le couronnement de quatre années de collaboration entre une jeune créatrice et une manufacture enrichir de 300 ans d'expérience.

« Roméo et Juliette »

Tout en ménageant les impératifs techniques et commerciaux, Marlijn continue à imprimer sa griffe - originale et poétique - dans des créations nouvelles. Si bien que le bougeoir et le vase « Roméo et Juliette » ont séduit le jury du CNAC, centre national des arts culinaires.

Dans un souci de fonctionnalité « les deux pièces sortent du moule à chaud, le bougeoir étant taillé ensuite », explique la conceptrice, qui a su réaliser un heureux mariage entre des pièces rondes et conviviales.

Des couverts aussi

Comme un bonheur n'arrive jamais seul, le designer a vu une de ses autres pièces retenues parmi les 34 (sur 180) « nominées » par le jury. Il s'agit du couvert « Arlequin » d'inspiration 1930, fabriqué à Darney par l'orfèvrerie de Chambly.

Des couverts fonctionnels, utilisables dans la vie quotidienne, ce qui, dans le domaine de la création, ne va pas forcément de soi. Surtout pour des pièces primées dans des concours.