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Le cristal aux enchères

 
Dimanche 14 mai 1995

Des verres ciselés ou des carafons décoré à la roulette de cuivre : au total neuf cents modèles uniques, créés au début du siècle, à la Verrerie-de-Portieux ont été vendus aux enchères hier à Charmes. Ont été également très recherchés, des catalogues datant de 1933.

Ils attendent

Les trésors de Portieux vendus aux enchères

De nombreux connaisseurs étaient au rendez-vous de Charmes pour des modèles uniques et des catalogues de 1933.

« Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ! » Tout faux, le proverbe. Il suffit d'observer les détails de la prestigieuse collection de la Verrerie-de-Portieux, pour en être persuadé. Dirigée de main de maître par Me Alain Gilles, la vente aux enchères a attiré, hier, une foule de connaisseurs à Charmes.

Etalées sur des tables, neuf cents carafes, verres et cruches, datant pour la plupart du début du siècle et appartenant à la société CNP (Catherine-Nania-Puériculture).

« Des modèles uniques que l'on ne retrouvera plus », note Louis Catherine, « comme ces pièces décorées avec une roulette de cuivre ».

Carafe décorée à la roue

Autre marque de qualité d'un autre âge: le guillochage. « Des frises régulières, obtenues par un trempage dans l'acide », explique un passionné.

Très recherchés également : des catalogues, datant de 1933. Beaucoup d'entre eux avaient brûlé lors de l'incendie dans les locaux de la Verrerie, le 25 avril 1994.

On s'intéresse aux catalogues

Sur trois écrans

Pour la première fois, Me Gilles a mis en place un système vidéo. Trois télévisions ont diffusé simultanément les objets mis en vente. Parmi les visiteurs, beaucoup de verriers, mais également des amateurs, venus de toutes les Vosges et même des départements limitrophes. Le conseil général et la commune de Vincey se sont rendus acquéreurs de nombreuses pièces. Certaines, notamment des carafes travaillées, ont atteint des sommes, allant de 600 à 700 F.

La foule est là

D'ores et déjà, une nouvelle vente est prévue cet automne. « C'est le patrimoine de la Verrerie qui se disperse », regrette un habitant. Et d'évoquer, avec une pointe de nostalgie l'époque faste, où les joyaux cristallins étaient envoyés dans le monde entier, chargés dans des tonneaux remplis de paille. Hier, beaucoup de visiteurs sont repartis avec une parcelle du trésor de Portieux : un carafon ou ces sucriers en forme de poule, que tous les Vosgiens gardent en mémoire.