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Portieux l'avenir en boule de cristal

 
Mercredi 2 juin 1993

La production a redémarré hier, dans un climat de confiance et... d'incertitude.

5 h, hier matin : Jean-Paul Demay, le nouveau PDG, accueille les verriers. C'est la reprise, tant attendue après dix mois d'inactivité. La nouvelle équipe de dirigeants, désignée par le tribunal de commerce le 17 mai, va pouvoir tester un plan longuement mûri.

Jean-Paul Demay PDG à droite avec la barbe et
Bernard Malige le directeur commercial
Jean-Paul Demay PDG à droite avec la barbe et Bernard Malige le directeur commercial

Crocodile et dauphins

1er juin : curieuse date pour un redémarrage. Juste avant la période des vacances. De quoi éprouver la trésorerie. Mais pour Jean-Paul Demay : « Les capitaux ne sont pas le vrai problème d'une entreprise. La compétence des individus qui la dirigent est plus importante, ainsi que la perception des marchés. Nous avons un produit haut de gamme à l'image de marque excellente, un outil industriel performant, et nous voulons mobiliser les énergies autour d'un projet commun ». Cela semble bien commencer, quand sera-t-il de l’avenir ?

Le projet ? Maintenir la tradition, en jouant sur la technicité des produits, et, dans un deuxième temps, innover. Les premières pièces fabriquées hier matin : des verres à vin d'Alsace réalisés pour Emile Jung et son « Crocodile » de Strasbourg. Autre objectif immédiat : des coupes sur pied « Dauphin » à côte vénitienne. Pour réaliser de grosses pièces, il est question d'investir rapidement dans la recuisson, à défaut de renouveler le four qui, lui, ne sera pas changé : « Il n'a que six ans, sa vie est de quinze ans... »



La griffe Starck

Jean-Paul Demay, qui se rappelle avoir travaillé chez Vuitton, n'exclut pas de faire appel à des stylistes fameux, comme Philippe Starck ou Harmut Esslinger. Voire « avec de jeunes artistes des Beaux-Arts ». On n'ose y croire !

« On va coller aux commandes »

Mais c'est sur la mobilisation des énergies et des compétences qu'il fonde le plus d'espoir, comptant sur le savoir-faire des verriers et la confiance des fournisseurs et des clients « qui se manifestent spontanément, sans qu'on les relance ».

Husson Constant cueilleur
Les verriers sont heureux de retravailler

La nouvelle équipe table sur un réseau commercial étoffé, comprenant VRP multicartes et agents commerciaux, ainsi qu'un exclusif sur l'Allemagne. Et elle vise l'hôtellerie de prestige, comme la chaîne « relais et Châteaux ». Tout en se diversifiant dans des sous-marques « sans l'estampille Portieux », et en s'efforçant de coller au marché : malgré les rondelettes « ventes sauvages », les stocks restent grassouillets !