Comme ils l'avaient décidé dimanche après-midi, les Verriers de Portieux ont ouvert hier au public le magasin d'usine de l'entreprise particulièrement bien achalandé en cette période de fêtes. Les acheteurs, auxquels les ouvriers avaient annoncé 30 % de rabais sur le prix d'usine, ne se le sont pas fait dire deux fois. Dès le début de l'après-midi, le magasin était pris d'assaut et les clients se marchaient allègrement sur les pieds, jouant des coudes pour admirer et choisir entre les centaines de verres, de cendriers de vases d'opaline, de chandeliers, dont tout le monde veut croire qu'ils ne seront pas les derniers fabriqués à la main à la Verrerie de Portieux.
Dès 13 h 30 la magasin était pris d'assaut

Les ouvriers qui occupent les locaux depuis vendredi ont rondement mené les affaires, courant du magasin aux bâtiments où est entreposé le stock important de la Verrerie, notant scrupuleusement le détail de chaque vente, dont le produit, ont-ils annoncé, constituera leur « trésor de guerre » et sera intégralement restitué si la reprise normale du travail est annoncée pour le 4 janvier.
Cette vente « sauvage» n'a suscité aucune réaction ni de la part de la direction locale ni du syndic de la Compagnie Française du Cristal. Elle devrait se poursuivre si aucun élément nouveau n’intervient jusqu’à jeudi à midi.
D’ici là les verriers vosgiens connaîtront les résultats du comité central d’entreprise, prévu mercredi à Paris, et à l’ordre du jour duquel figure la fermeture provisoire de leur usine.
Les salaires devraient être payés en janvier
De source officielle, certains prévisions ont été apportées hier soir quant à la situation de la Compagnie Française du Cristal qui avait déposé an août dernier un dossier au comité interministériel d'aménagement des structures économiques, impliquant un effort important d’investissements en vue de l'exportation. Ce dossier, qui est bien venu en discussion au CIASI à la mi-décembre, portait sur une somme globale d'un peu moins de 15 millions de francs, et impliquait un effort parallèle de l'Etat, des banques, et de l'entreprise elle-même.
L'Etat était prêt, en ce qui le concerne, à participer à cet effort. Entre temps les difficultés à court terme de la CFC l'ont amené à réévaluer sa demande en hausse d'environ 30 %.
Dans ces conditions, le dossier déposé en août n'a pu trouver de conclusion favorable.
A la suite du dépôt de bilan, tous les contacts sont maintenus ; les dispositions prises dans le cadre du dé dépôt de bilan doivent permettre d'assurer le paiement des salaires en janvier.