Les travailleurs ont pris solennellement la décision de s’opposer « au démantèlement de leur outil de travail et à la mort de leur cité. »
Les premières réactions.
Pour M. Camille Mangeonjean, à la retraite depuis 14 ans (aujourd'hui disparu) lui qui a passé toute sa vie dans l'usine pense que :
« On peut se rattraper, l’usine est vivable, ça a été
démontré par des arguments réfléchis, par sa production, ses ouvriers qualifiés ... on pourrait remettre l'entreprise sur pied, c’est sûr.
Mais il faut des capitaux ... quand j'ai commencé ici j’avais treize ans et à ces moments-là, il y avait toujours de la main d’œuvre en réserve… si l’usine ferme ? C’est fichu ! Pour les ouvriers il n’y a pas d’horizon possible, si ce n’est que l’usine se maintienne. »
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Camille Mangeonjean
19 décembre 1981
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Jeannine et Michel Jobert 19 décembre 1981
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Pour M. Michel Jobert, dans l’usine depuis vingt ans, l’avenir ne semble pas rose :
« Mon épouse a été licenciée il y a deux ans. On travaillait ensemble et j’ai acheté un quatre pièces dans les cités de l’usine.
Je ne sais pas comment je vais faire pour terminer de payer.
Si l’usine ferme je serai bien obligé de partir, mais où ?... je n’en sais rien (il partira est sera, secondé par son épouse, gardien d’immeubles dans la banlieue parisienne) » |
Eh oui ! Les braves gens croient que la verrerie est la seule usine au monde, illusion ?
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Mme Patricia Lerognon 19 décembre 1981
Mme Patricia Lerognon, 20 ans, travaille depuis trois ans à l'emballage et décoration des verres.
Son mari lui aussi est verrier et ils ont une patite fille de quatre mois :
«Pour nous c'est dramatique, tous les deux au chômage, il faudra bien trouver une solution. Quoi, on n'en sait rien ? » |
Déjà confrontée au chômage partiel depuis juin 1980, la verrerie a senti le vent venir. En 1981, 28 jours ont été chômés. La dernière période de chômage partiel bloquée c’est étalée du 21 décembre au 4 janvier.
Guy Magnier, 18 ans, est entré dans l'entreprise il y a un an.
Il est cueilleur et s'estime relativement bien payé :
« Moi je pars à l'armée dans quelques mois. Après c'est le grand point d'interrogation. Si on peut me reprendre, ça sera bien, mais compte tenu de la situation, j'ai bien peur que ce soit dur dur... dans la famile, on a tous travaillé à la verrerie, quatre de mes frères et mon père.» |
Guy Magnier
19 décembre 2001
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20 décembre 1981
La verrerie est spécialisée dans la fabrication du verre soufflé à la bouche, fabriqué à la main : « Tout ce qui se trouve sur la table ».
Au cours de l’assemblée générale de ce matin, Robert Didelot parle devant son public et dénonce : « Le coup fourré de M. Marquot et du patronat ».
M. Gilbert Didierjean confirme ses propos et qualifie l’attitude de la direction de « malhonnête », puis il révèle que : « Les pouvoirs publics n’en reviennent pas et condamnent la démarche de la C.F.C. », avant de conclure : « Les pouvoirs publics sont de notre côté, battons-nous ! »
19-12-1981 : Face au chantage de la direction l'arme de la mobilisation
Le directeur Renard indésirable à l'usine
Les décisions qui sont par les verriers, le sont devant l’arbre de Noël que, malgré sa beauté, personne ne semble voir. Une décision très importante vient d’être prise par les verriers : ne plus admettre M. Renard (le directeur) dans l’usine. Un verrier s’écrie : « Il est pour beaucoup responsable de ce qui nous arrive ! » La salle est en surchauffe, houleuse, un autre propose : « D’aller lui demander des comptes ».