Les verriers de Portieux doivent fignoler leur plan

Encore deux semaines - maximum - de patience, et les 34 derniers verriers de Portieux - qui continuent à travailler bénévolement puisque juridiquement leur entreprise n'existe plus - sauront s'ils peuvent repartir au four pour une troisième reprise. Hier après-midi, le Tribunal de Commerce de Mirecourt présidé par M. Peignier a réservé sa décision en leur demandant, ainsi qu'à leurs futurs partenaires, d'étayer leur plan de quelques données supplémentaires.
Outre le président, le procureur de la République M. Simard, le liquidateur Me Bihr, MM. François Georges, ex-PDG des Arts de Portieux et Robert Didelot, représentant du personnel, les associés virtuels des verriers étaient venus également défendre leur projet.
L'avocat spinalien Me Bourdelle représentait les deux partenaires parisiens : Zest, Société de marketing spécialisée dans les Arts de la Table, « très intéressés par Portieux, et qui a réalisé une étude commerciale et industrielle très sérieuse », et M. Sachedeva, patron de l'orfèvrerie Lécuyer qui a déjà un représentant en commun avec Portieux.
3ème partenaire le chef du personnel de Trane
Le troisième mousquetaire du sauvetage était là en personne : M. Jean-Claude Thiaville, chef du personnel de la Trane, qui a décidé de participer à l'aventure à titre également tout-à-fait personnel. « J'habite à Nomexy, J'ai acheté des produits de Portieux, et je souhaite contribuer dans la mesure de mes moyens à ce que la verrerie continue. On doit pouvoir la sortir de là. Mon rôle sera de motiver le personnel pour prouver que c'est possible », a expliqué M. Thiaville.
Après une heure et demie d'attente, les verriers massés devant la salle des délibérations sont repartis à demi rassurés. Le Tribunal de Commerce n'a pas rejeté leur plan de reprise - le seul présenté à ce jour - mais il demande des assurances complémentaires avant de donner son feu vert.
1. La société (de leasing) propriétaire du four de l'usine doit donner son accord à l'utilisation par une nouvelle société.
2. le plan doit être revu dans le sens d'une meilleure rentabilité de la cristallerie. En clair : elle doit vendre mieux avec le même effectif. Donc « il faut que chaque salarié génère plus de chiffre d'affaires », résume M. Thiaville. Il faudra certainement aussi qu'ils apportent chacun au capital social plus que les 1.600 F prévus.
3. Le tribunal veut s'assurer que les actionnaires majoritaires dans l'ancienne société ne le seront plus dans la suivante. (C'est le cas, le porcelainier Bernardaud ayant retiré ses billes).
Raisonnablement optimistes
« Aujourd'hui, nous allons être raisonnablement optimistes », a conclu Me Bourdelle. « Le dossier devrait être complet la semaine prochaine, et le tribunal fera rapidement ensuite connaître sa décision ».
L'ex-PDG, M. François Georges, n'est pas pessimiste non plus. C'était hier à Paris l'ouverture du salon Bijorca (Bijoux, horlogerie, cadeaux) auquel participent également les deux partenaires parisiens, Zest étant d'ailleurs sur le stand de la verrerie, qui en tirera à la clôture lundi un indice de son activité future.
Le chiffre d'affaires du salon est statistiquement multiplié par trois pour la saison à Portieux, et celui de 87 n'a pas mal marché du tout.