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Des réactions après le dépôt de bilan 18 décembre 1981

Robert Didelot au micro, François Mangeonjean l'accompagne / Magasin d'usine


L'annonce du dépôt de bilan de la C.F.C.. (Compagnie Française du Cristal) qui se traduit par la menace de fermeture provisoire de la verrerie a provoqué maintes réactions.

La C.G.T.: « Ne pas laisser casser l'outil de travail »

La C.G.T. communique

« La Compagnie Française du Cristal dépose son bilan et décide de fermer Portieux. Le dépôt de bilan de la C.F.C. qui touche les usines de Portieux, Bayel, Vannes-le-Châtel, n'est pas une surprise pour la C.G.T. qui, à maintes reprises, a interpellé les pouvoirs publics sur les véritables raisons qui ont amené à cette situation.

En effet, la C.G.T. affirme que l'objectif essentiel de la direction de la C.F.C. est de se séparer de Portieux pour concentrer son outil de production, après s'être accaparée des productions spécifiques de Portieux, ainsi que de son réseau commercial.

Pour y parvenir, la C.F.C. a employé tous les moyens, chantage, menaces, situation volontairement alarmiste.

A chaque fois, la C.G.T. de Portieux a déjoué les manœuvres. II ne restait donc plus à la direction qu'à frapper un coup décisif : déposer le bilan et faire le chantage à l'emploi auprès des pouvoirs publics pour obtenir de l'argent à bon compte afin d'opérer une restructuration sans bourse délier.

La C.G.T. ne laissera pas casser l'outil de travail et tirer un trait sur la dernière entreprise de verre à la main du département de renommée mondiale qui est considérée comme un joyau du savoir-faire traditionnel.

La preuve que Portieux est viable puisque déjà la direction fait rapatrier discrètement sur Vannes-le-Châtel et Bayel les modèles spécifiques de Portieux qui étaient considérés comme périmés et qui deviennent tout à coup intéressants.

La C.G.T. appelle les travailleuses et les travailleurs verriers à se mobiliser et à répondre aux propositions d'action de la façon la plus ferme, comme ils savent le faire dans leur esprit de lutte de classe ».

Un télégramme de Philippe Séguin au ministre de l'Industrie

A la suite de l'annonce du dépôt de bilan de la Compagnie Française du Cristal, Philippe Séguin, député des Vosges, vice président de l'Assemblée Nationale, a envoyé un télégramme au ministre de l'Industrie, dans lequel il lui rappelle qu'il lui a déjà fait part, à plusieurs reprises, de la situation de cette société et plus spécialement de la Verrerie de Portieux.

« II déplore que les discussions engagées au C.LA.S.I. n'aient pas abouti. Le dépôt de bilan qui était pourtant à ses yeux tout à fait inutile, et même s'il s'accompagne de la poursuite des activités, crée un climat psychologique tout à fait regrettable pour les travailleurs de cette entreprise. Il est souhaitable que les négociations reprennent rapidement et que la solution de bon sens qui doit assurer le maintien de l'emploi soit rapidement trouvée, ainsi que c'est possible ».

Le député d'Epinal reste en relation constante avec les ministères concernés et l'entreprise.

Soutien des élus communistes au conseil municipal

De leur côté, les élus communistes de La Verrerie-de-Portieux, « solidaires de leurs camarades de travail, appellent le population de La Verrerie-de-Portieux à soutenir massivement les travailleuses et travailleurs de l'usine de la verrerie, qui à l'appel de la C.G.T. s'opposent au démantèlement de leur outil de travail et é la mort de leur cité. Le patronat de la C.F.C., les forces hostiles au changement mettent tout en œuvre pour liquider le bastion ouvrier de La Verrerie-de-Portieux.

Avec les élus, les verriers ne les laisseront pas faire. Portieux doit continuer à vivre. Les élus communistes soutiendront toute initiative syndicale de classe de nature à préserver l'outil de travail pour que vive notre cité ».