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Des actionnaires de la verrerie « Arts de Portieux » licenciés

18 novembre 1986

« Notre seul tort : ne pas adhérer à la C.G.T. »

La Cristallerie « Arts de Portieux », sous administration judiciaire, vient de licencier 26 de ses salariés, sans que la C.G.T., syndicat unique dans l'entreprise, n'émette la moindre protestation.

Et pour cause !

Un groupe de ces personnes licenciées proteste contre les méthodes employées par le P.-D.G. M. François George, en accord avec la C.G.T., pour alléger les effectifs :

« Nous sommes victimes de ne pas avoir adhéré à la C.G.T.; un point c'est tout. Les licenciements ont été décidés arbitrairement sans tenir compte de la qualification professionnelle, de la situation sociale ou familiale ».

Exemple : une des meilleures ouvrières de l'usine, rebrûleuse, totalisant 33 ans d'ancienneté, a été licenciée. Conséquence : son mari le seul ouvreur de grande place de la verrerie, a démissionné. Il a retrouvé du travail sur le champ, à Passavant-La Rochère ! Autre injustice : un. salarié a été licencié trois mois avant d'avoir 55 ans, le privant de la possibilité de bénéficier de la préretraite.

Récupérer leurs actions.

Autre problème posé à la verrerie Arts de Portieux : certains de ces 26 licenciés sont actionnaires ; alors que, entre parenthèses, des ouvriers non licenciés ne le sont pas ! Le souhait de ces actionnaires licenciés est de récupérer la somme de 25 000 F (6 mois d'indemnité ASSEDIC plus une somme personnelle) investie en novembre 1983, lors de la reprise de l'usine sous la houlette de la C.G.T. ».

A ce propos c'est l'incertitude. De vagues promesses leur ont été faites, sans plus. « C'est anormal », constate un actionnaire licencié.

Comme si, en plus d'un licenciement, ces personnes devaient subir une spoliation.