Près de 400 ouvriers des verreries décideront aujourd'hui de la grève illimitée qui pourrait débuter jeudi.
La direction maintient l'horaire de 40 heures.
Comme nous la laissions entendre dans notre précédente édition, le conflit opposant actuellement les ouvriers des Verreries de Vallérysthal à la direction générale de l'entreprise vient d'entrer dans une phase active en ce sens que près de 400 verriers ont cessé le travail, hier, à 13 heures. Cette grève d'avertissement a été très largement suivie, à 92 pour cent selon la direction, à 98 pour cent selon les syndicats. On sait que le mouvement est imputable à une réduction des horaires de travail de 45 à 40 heures.
Aucun accord au comité d'entreprise
Aucune contre-proposition n'ayant été faite hier matin par la direction de l'usine, le travail a cessé en début d'après-midi à l'appel des syndicats CGC, CFTC et CGT. Aussitôt dans la halle, les fours étaient abandonnés, les machines des ateliers s'arrêtaient pour l'après-midi.
Le mouvement de la réunion du comité d'entreprise convoqué pour 14 heures se répandit très vite et les ouvriers se rassemblèrent aux bords du bâtiment administratif où pénétraient bientôt les délégués reçus par M. Stenger, directeur des Verreries. L'attente fut longue et l'on dut finalement se séparer à 14 h 40 lorsque le coup de sirène annonça la fin du travail. En silence les verriers s'engouffrèrent dans les cars de ramassage chacun conservant au fond de lui-même une lueur d'espoir, celle d'un règlement positif ou peut-être même de l'aboutissement des revendications.

Il était près de 15 h 30 lorsque les délégués sortirent du bureau patronal. Nous avons alors appris que rien n'était sorti de ce colloque. Tous les espoirs ont été déçus : la direction n'a fait aucune concession. Par contre, elle a pu fournir des chiffres assez significatifs à l'occasion d'une comparaison des comptes d'exploitation de 1969 et 1970. Si le premier indique un bénéfice assez minime, le second, par contre, accuse un déficit de l'ordre de «104 millions d'anciens francs» nous a dit un délégué syndical.