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Les magnifiques magasins généraux au début du 20ème siècle, époque de la renommée mondiale de la verrerie de Portieux.
Constatons que les ouvriers tirent les wagonnets à la main, pour distribuer les travail dans les différents ateliers.
A gauche au fond de la photo le magasin actuel.

Collection Gérard Triboulot
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Les magasins généraux au début du 20 ème siècle à la verrerie de Potrtieux

A gauche l'ancien magasin général avec derrière les bâtiments, la grande cheminée de la taillerie,
détruite par un éclair lors d'un fameux orage.

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Carte postale

   
Extrait de mon livre sur les verriers de Portieux "Le Cri Du Verre" :

"...Comme il aime à le dire en plaisantant, de retour au sein du groupe, Maurice enchaîne : j'disais donc que le jour du mariage de l'Albert Breton, dit " Pout-Pout ", y faisait un temps à pas mettre un chien dehors, ça caillait pas... non, c'était le 15 juillet 1933, mais y avait d'l'orage, et çui-là, il a fait mal, j'aime autant vous dire qu'y avait pas un chat noir dehors le soir, l'orage c'était l'soir... heureus'ment.

P Pensez-'oir, qui qu'c'est qu'aurait pu pré'oir ça ?

- Pré'oir quoi ? interroge Jeanne, j'me rappelle pas du tout du jour-là.

- Quoi ! Mais ma vieille tous les anciens s'en souviennent. Y a la Louise Georges, une brave femme qui habitait pas loin d'l'endroit, qui r'passait tranquillement chez elle à c'moment-là, elle a eu les choquottes, une sacrée trouille, la pétoche, c'est moi qui t'le dis, et comme le veut l'dicton populaire qui m'a toujours fait bien rire : le jour là, si t'y avais mis une olive entre les fesses, il en serait sorti de l'huile vierge !

Personne ne réagit à la plaisanterie douteuse de Maurice. Lui, excité comme s'il venait d'ingurgiter une cruche de vin blanc d'Alsace, un rictus sur ses lèvres tremblotantes, se frotte les mains en les roulant l'une contre l'autre ainsi que le font les personnes âgées pour se réchauffer ; enfin, prêt, il poursuit :

- L'orage qui pétait au d'ssus d'nos têtes délivre de terribles coups de tonnerre, quand tout à coup, un éclair, plus vicieux qu'les autres, vient, d'un énorme coup de bélier céleste... pulvériser la ch'minée d'la taill'rie.

De plus en plus excité, Maurice semble revivre cette scène apocalyptique encore très présente dans sa mémoire. D'une onomatopée souvent employée par les jeunes enfants, il tient en haleine son auditoire :

- Patatrac ! crie-t-il en levant les bras au ciel en signe d'impuissance, v'là la ch'minée touchée à mort qui s'écroule dans un bruit d'enfer, elle soulève un nuage de poussière mieux que ne l'aurait fait le sirocco v'nant du fin fond du désert, du coup, le sol, accablé, lardé de pierres disjointes, tremble autour d'la taill'rie comme s'il était soudain martelé par une horde de chevaux sauvages lancés dans un galop effréné. Pourtant, c'était du costaud la ch'minée-là, y fallait 'oir l'engin, elle était maousse, c'est pas dur, c'était la plus grande entre toutes.

- Mais oui, ça y est, j'm'en souviens ; dans ces temps r'culés, elle servait au chauffage d'la tail'rie. Tout'fois, elle n'avait pas été construite pour ça. Au début, la vapeur qui était produite là d'dans exerçait sa force sur un système complexe d'engrenage ; lesquels mettait en mouv'ment, dans un fracas assourdissant, toutes les transmissions nécessaires au bon fonctionnement des outils de la taill'rie. En dépit de cela, les tailleurs aux doigts excoriés travaillaient dans le bruit avec amour, conclut Jeanne"...

 
70 à 80 ans plus tard, les magasins généraux, pas encore très abîmés, de la cristallerie de Portieux.
Sur le quai un restant d'outil des pompiers de la Verrerie attend on ne sait quoi

Photo © Gérard Triboulot 1991