Gérard TRIBOULOT

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Des collectionneurs passionnés :

 
Avant d'éclabousser de son art les tables prestigieuses d'aujourd'hui, la verrerie vosgienne s’est immiscée dans le quotidien de tous les Vosgiens, voire de leurs voisins. Par la diversité et l'abondance d’une production née il y a trois siècles.

Poule, chou, fraise..., ou plus exotiques, éléphant, tortue, dauphin... Il n'est pas rare de découvrir parmi les trésors des brocanteurs, sur les étals des vide-greniers et autres marchés aux puces de France des pièces estampillées "Portieux". Mais les chineurs auront tort de limiter à ces beurriers et sucriers en opaline, les vestiges de la production d'antan de la verrerie vosgienne. Car il n'est rien que celle-ci n'ait fabriqué : pots à tabac, bonbonnes, bougeoirs, pots à eau, mangeoires, lampes à huiles, boules de dentellière... autant d'objets indispensables au quotidien d'alors.

Confiseurs, laboratoires, hôpitaux... ont compté, eux aussi, parmi les "gros" clients de la manufacture, créée en 1705 sous l'impulsion du Duc de Lorraine (Pas du Duc mais de son majordome) tant pour agrémenter les tables et les palais de la famille ducale, que pour augmenter le commerce du verre hors frontières lorraine.

"Portieux inondait la région"

"Portieux inondait littéralement la région", se plaît à rappeler M. Chaumont, qui, au musée de Bruyères, présente entre autres expositions d'art populaire, "Le verre dans tous ses états", une éloquente illustration de la diversité et du savoir-faire des productions de Portieux. "Ce qui est incroyable, c'est qu'ils ont commencé par la fabrication des vitres et des glaces de miroirs et de carrosse."

Si les lignes contemporaines des verres des Cristalleries de Portieux illuminent encore aujourd'hui les tables les plus prestigieuses de la gastronomie française, elles ne sont pourtant que le pâle reflet d'une production considérable qui soutenait la comparaison et une concurrence rude avec tous les grands verriers de l'est : Darney, Baccarat, Vannes-le-Châtel, Saint-Louis... Elle s'attachait ainsi la fidélité des plus grands de ce monde. "La Grande Duchesse, par exemple, qui venait en cure à Contrexéville, a passé moult commandes à Portieux jusqu'en 1914", lâche M. Chaumont, entre deux vitrines de bocks à bière ou à limonade, et de verres à absinthe du 19ème siècle. Des planches extraites des catalogues anciens de Portieux, affichées au-dessus, viennent prouver leur provenance protésienne (portésienne).

Voilà le chineur averti. Ses yeux se sont déjà forcément maintes fois posés sur du "Portieux" sans le soupçonner. D'autant qu'à la différence des opalines, les pièces en verre portent rarement la griffe de la maison vosgienne.

Gérard Triboulot, ancien verrier de cette dernière, reconnaît lui-même s'appuyer sur les anciens catalogues de 1894, 1914 et 1933 qu'il a copiés sur CD-Rom - pour s'assurer de l'origine de certains modèles rares. Rares mais... rarement unique. Et de dénoncer à ce titre les brocanteurs : "Certains exagèrent, ils présentent des pièces comme uniques, alors qu'elles étaient sorties à au moins mille exemplaires ! Sans compter ceux qui vendent des neufs pour des vieux !"

L'on pourra cependant toujours se féliciter que le Portieux d'aujourd'hui soit de la même veine que les modèles d'hier, selon une tradition de qualité toujours préservée.

A voir "Le verre dans tous ses états", au musée de Bruyères, du jeudi au dimanche de 15 h à 18 h. Entrée : 2,50 euros ; 1,50 euros (groupes).

Les anciens catalogues de Portieux sur CD Rom, Contact : gerard.triboulot@laposte.net

Les catalogues anciens sont encore le meilleur moyen de vérifier l'origine des pièces chinées.

Fin de l'article de Sabine CHAPELLIER paru dans La Liberté de l'Est, édition des Vosges du vendredi 30 juillet 2004 en rubrique Brocante "Vacances en liberté"

Apparté : Si vous voulez en savoir plus sur la vie des verriers de Portieuxautour des fours et dans leurs anciennes cités, lisez le "Cri du Verre", le livre que Gérard TRIBOULOT a dédié à ses anciens collégues de travail ainsi qu'à tous les anciens de la verrerie de Portieux.
 


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A gauche M. et Mme Marc CHRISTOPH / En bas Evelyne Malolespy

M. et Mme Marc CHRISTOPH sont à la recherche perpétuelle de pièces en opaline de différentes verreries. Ces véritables spécialistes possèdent également de jolies et nombreuses pièces à échanger. Si vous pouvez leur rendre service, n'hésitez pas à les contacter au :
8 rue des Fontaines
57400 Sarrebourg.
Tel : 03 87 03 49 46

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Photographie © Gérard TRIBOULOT, août 2001
Mme et M CRISTOPH. La collection privée de M. et Mme Marc Christoph compte 760 pièces en août 2001
 
Evelyne présente une partie de sa collection

Evelyne Malolepsy
 
Une autre passionnée par les créations de Portieux, Mme Evelyne Malolepszy. Interview : "L'an dernier (2001) je suis passée dans "La Vie du Collectionneur", pour présenter ma collection de sucriers en opaline de Portieux ".
Vous pouvez contacter Mme Malolepszy à cette adresse :

Evelyne.Malolepszy@hvae.com

Verreries de Portieux : La passion d'Evelyne

Amoureuse des créations des cristalleries de Portieux alors qu'elle n'était qu'une fillette, Evelyne Malolespy, reste toujours à l'affût de la pièce manquante. Illustrant quelques belles pages de " La Vie du Collectionneur " de ce mois-ci, la passionnée raconte comment l'on peut s'éprendre d'oeuvres " qui allient la magie du geste ancestral des Maîtres verriers aux techniques les plus exigeantes de la création contemporaine".

Qui est Evelyne Malolespy ? C'est un secret (plus maintenant) pour cause de belle collection. Il est vrai que dans ce domaine la discrétion est de mise.

"C'est en 1968, lors de vacances dans ma famille vosgienne, que j'ai découvert les verreries de Portieux. J'avais quatorze ans. J'ai tout de suite été séduite par la couleur turquoise qui domine dans ces créations ", explique-t-elle au correspondant de " La Vie du Collectionneur".

Et si l'on découvre la passion d'une " dénicheuse " de pièces de la verrerie dans la revue de mars, une grande place est réservée à l'histoire de l'usine et à ses origines. Construite en 1705 à l'initiative de François Magnien et sur faveur du duc Léopold, la verrerie marque de son empreinte le site de Portieux depuis trois siècles.
Bien-sûr la société a connu plus ou moins bonne fortune. Après avoir frôlé plusieurs fois la catastrophe, l'entreprise connaît un nouveau souffle. Chaque "portes-ouvertes" attire la foule dans les allées d'un magasin entièrement rénové. La visite des ateliers dévoile le regard et le geste ancestral du verrier. Odeur, couleurs, ambiance se cachent derrière des fours brûlants ; les chants sont moins nombreux qu'à une certaine époque, mais la passion de l'art reste bien ancrée en chacun. Portieux et sa verrerie, plus qu'un symbole, c'est une réalité vieille de trois siècles.
 
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