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Réalisation Gérard TRIBOULOT
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Évolution de la cristallerie de Portieux au travers des âges Sa carte d'identité C'était par ironie que l'on parlait autrefois du « cristal de Portieux ». Chaque verrerie ayant sa spécialité (et licence pour cela), celle qui faisait du verre, n'avait pas le droit de produire de cristal et réciproquement. Depuis longtemps déjà, le verre se rapprochait quelque peu du cristal et l'on utilisait même la désignation (aujourd'hui abolie) de « demi-cristal ». Désormais ce n'est plus possible car un arrêté du 11 octobre 1962 a rendu officielles les 3 appellations suivantes -- CRISTAL DE PLOMB Celui dont l'indice de réfraction est au moins 1,545 et qui contient au moins 24% d'oxyde de plomb (c'est celui que nous essayons de fabriquer). -- CRISTAL Celui dont l'indice de réfraction est au moins 1,545, sans obligation de teneur en oxyde de plomb. - CRISTALLIN Celui dont l'indice de réfraction est au moins égal à 1,525. - L'indice de réfraction, c'est la proportion avec laquelle un rayon lumineux est dévié en rencontrant ce cristal ; c'est l'expérience curieuse connue de tous et selon laquelle un bâton à demi-plongé dans l'eau nous semble cassé au niveau de l'eau, parce que le rayon de notre regard est dévié en pénétrant dans l'eau et l'importance de cette déviation, c'est justement son indice de réfraction. L'indice de réfraction est une garantie qui ne se triche pas, tandis que la quantité d'oxyde de plomb pourra sans doute, avec le progrès, se remplacer par d'autres composants chimiques. UNE DÉCOUVERTE ACCIDENTELLE Il n'était pas question pour les Anglais, de concurrencer ce qui se vendait alors sous le nom de cristal de Venise ou de cristal de Bohême. Mais la verrerie consommait tellement de bois que cela devenait un danger public. L'administration anglaise se montra impitoyable et interdit complètement la fusion du verre avec du bois. La fusion au charbon noircissait le verre. On essaya alors d'ouvrir les pots, mais la chaleur n'était plus suffisante. C'est alors qu'on eut l'idée d'ajouter au mélange un autre fondant, le minium de plomb, simplement pour abaisser la température de fusion. Mais ils s'aperçurent bien vite que ce « fondant » modifiait la matière obtenue et l'on obtint une pâte limpide et brillante, comme du cristal de roche, d'où son nom de CRISTAL. C'est ainsi que naquit le verre au plomb, dans la seconde moitié du 17e siècle, seules restaient secrètes les proportions du mélange. Précisons que ce verre au plomb anglais mit un bon siècle à se purifier et à être considéré comme un rival pour le cristal de Venise ou de Bohême. Tout évolue et même à une cadence accélérée. Ainsi à l'embouteillage de Contrexéville, un homme arrivait en 1850 à boucher 400 bouteilles à l'heure - la machine en 1965 en bouchait 17.000 à l'heure. Autrefois tout se faisait à la main (ou au pied avec la boucheuse à pédale), aujourd'hui une seule ouvrière surveille la machine : lavage, remplissage, bouchage, étiquetage et mise en caisse, tout est automatique, à la cadence de 17.000 à l'heure, soit 383 à la minute, il n'y a plus que le temps de les voir passer pour le contrôle. De même à GIRONCOURT-SUR-VRAINE où l'on fabrique des bouteilles et surtout pour les eaux minérales de Vittel. A l'origine bien sûr toutes les bouteilles étaient faites à la main (verre soufflé). Mais la machine est entrée même à la Halle : - En 1953, Gironcourt produisait 46 millions de bouteilles par an ; - En 1964, Gironcourt en produit 250 millions par an, car il possède maintenant le plus grand four d'Europe, et même pour ce travail du verre à chaud, tout est automatique. Spécialisée dans le verre de luxe, la Verrerie de Portieux, dans sa fabrication du moins, a l'avantage de rester un travail artisanal. La seule expérience d'un four mécanique s'est soldée par un énorme « four », et un licenciement d'ouvriers. Aujourd'hui il est vrai que la technique a beaucoup progressé et la verrerie d'Arques (dans le Nord) sort des verres à pied, faits entièrement à la machine et très présentables. On peut donc prévoir un jour où l'on ne fera peut-être plus de V.O. à Portieux, heureusement qu'il restera le verre de luxe... et le cristal. « SPÉCIALITÉS » DE PORTIEUX La Verrerie de Portieux, qui a plus de deux siècles et demi d'existence, en a vu de l'autre et l'on comprend qu'elle se soit toujours bien adaptée aux besoins de l'époque quand on constate que sa production s'est étendue : - du verre... à la bouteille, - des glaces... aux boules de verre, - du verre de montre... au verre de lampe, - de l'article taillé... à l'article moulé. - de la verrerie main... à la verrerie mécanique, - de l'opale... à l'opaline et - du cristallin... au cristal. Voici comme preuve un aperçu de sa production au cours des âges - de 1700 à nos jours : Services de verres à boire, - de 1700 à 1775 : Verre à vitres, - de 1710 à 1722 : Glaces, - de 1725 à 1750 : Bouteilles, - de 1770 à 1790 : Boules de verre, -de 1810 à nos jours : Articles taillés, - de 1840 à nos jours : Articles moulés, dès 1860, mais surtout - de 1946 à nos jours : Opale, - de 1947 à 1955 : Verrerie mécanique, - de 1961 à nos jours : Opaline, - en 1966 : CRISTAL. Autrefois on ne connaissait guère que la FOIRE INTERNATIONALE DE LYON, car elle comportait une branche réservée aux industries et arts du feu (cristal, verre, faïence, porcelaine...) et la Verrerie de Portieux y expose régulièrement (du 27 mars au 3 avril cette année). Depuis 1961, pour plus de facilités, La Verrerie expose davantage à PARIS (Porte de Versailles, du 19 au 24 juin) pour le 6e SALON du S.I.F.E. (Salon International des Industries et Arts du Feu). Spécial pour les professionnels, il distingue les Producteurs de verre et les Transformateurs (taille, façonnage, ornementation, etc ...) ; quatre journées sont réservées aux professionnels (clients revendeurs, magasins, etc ...) et une demi-journée seulement au public. A côté du S.I.F.E., au salon des ateliers d'Art, on retrouve beaucoup de nos clients « transformateurs » qui exposent justement nos verres ouvragés, transformés (en luminaires, etc ...) ou habillés (d'étain, de cuivre ou d'osier...). C'est donc à ce grand Salon International du S.I.F.E. que La Verrerie de Portieux expose pour la première fois du cristal, du 30 avril au 8 mai 1966. On comprend avec quel soin, quelle fièvre même, nos nouveaux « cristalliers » travaillèrent à la sortie de leurs premiers services de table, vases et coupes de cristal, pour cette première exposition. Combien nos souhaits de bonne chance les accompagnent car ce sont des expositions que découlent beaucoup de commandes or, nous l'avons vu un jour sur Clartés (juillet 1965), toute la vie de La Verrerie (comme de toute industrie) dépend... des commandes. POUR SE FAIRE CONNAITRE C'est un vieux proverbe que l'on ne peut pas désirer ce que l'on ne connaît pas. Inversement, il est une expression populaire qui repose sur la même philosophie, en disant simplement que : « Ce qu'on ne voit pas, ne fait pas mal au ventre ». Pour être désiré et commandé, le travail de La Verrerie doit donc être vu et connu à l'extérieur : tel est le but premier des expositions (de celle de la Coop... aux expositions internationales) tel est le rôle essentiel des représentants de la Verrerie, et tel est indirectement l'un des avantages de la visite de l'usine. En plus donc de la Foire Internationale de Lyon et du Salon du S.I.F.E. dont nous venons de parler, les verreries réunies de Vallerysthal-Portieux exposent aussi chaque année aux Foires de Hanovre et de Francfort. - La FOIRE DE HANOVRE est immense. Bien qu'elle ne soit ouverte qu'une fois par an pour la verrerie, nos usines y conservent un stand en permanence, où sont exposées quelque deux cents pièces. En plus des indispensables V.O. (verres ordinaires), il y a surtout les chefs-d'œuvre de notre travail que sont : notre cristallin, nos couleurs polychromes et nos merveilleuses opalines. Enfin la Verrerie conserve aussi un stand en permanence à la double FOIRE DE FRANCFORT, au printemps (27 février - 3 mars 66) et à l'automne. C'est à l'occasion de ces expositions (surtout le S.I.F.E.) que les usines créent le plus de nouveaux modèles. Cela représente un très gros travail pour l'étude des modèles, les essais, les échantillonnages, la présentation des pièces, l'élaboration des tarifs, etc... On comprend alors que chaque préparation de foire provoque une certaine tension dans le travail, c'est comme la « fièvre des examens », et c'est même plus qu'un examen : par la concurrence, cela devient un véritable concours. (Ce n'est pas le moment de déranger certains messieurs). C'est ainsi que La Verrerie vient de connaître sa première « fièvre de cristal ». - Pour faire connaître le travail de La Verrerie, 9 représentants sillonnent la France en permanence (chacun dans son secteur) en emportant avec eux dans leurs « marmotes », les plus beaux modèles de nos verres qu'ils présentent un peu partout... pour prendre des commandes. Mais il faut parfois essuyer bien des refus et faire preuve d'une patiente ténacité pour obtenir gain de cause (on sait comment l'on accueille avec appréhension ces « hommes à la valise »). Puisqu'ils aident, à leur façon, les ouvriers à vivre en leur procurant des commandes et donc du travail, faisons-leur l'honneur de citer au moins leurs noms : - M. Jean-Marie Janot, pour l'Est de la France, - M. Paolillo, pour Paris, - M. Lerouge, pour le Nord, - M. Margny, pour le Nord-Ouest, - M. Lucas, pour l'Ouest, - M. Paillé, pour le Sud-Ouest, - M. Vaillant, pour le Sud, - M. Varenne, pour le Sud-Est, - M. Dubois, pour le Centre. II faut y ajouter le représentant qui a l'exclusivité des maisons de Cognac (Péaud) et qui, en même temps nous assure les commandes de Martell, RemyMartin, etc... DANS LE MONDE ENTIER C'est également par des représentants que les verres de Portieux sont connus, ou du moins achetés, dans le monde entier. Ce n'est pas là vantardise ou exagération, puisque l'usine de La Verrerie exporte véritablement aux quatre coins du monde. Actuellement par exemple, La Verrerie travaille avec : - L'ex-Union Française (Maroc : fourniture cette année au Roi Hasan II), Algérie, Tunisie, Madagascar, etc... - Allemagne - Amérique (du nord et du sud) - Angleterre - Australie - Belgique - Canada - Danemark Espagne - Hollande - Israël - Italie - Extrême et Moyen Orient (Grèce, Lybie, Syrie, Liban, Turquie) - Suède - Suisse - U.S.A. dont le gros client Julémi, ainsi que la Pan An American qui nous fait expédier des verres dans toutes ses bases aériennes, tout autour du globe. Mais que l'on songe aussi aux complications que cela entraîne : - il faut établir des tarifs en monnaie de chaque pays, ce qui représente actuellement 11 monnaies différentes. - il faut présenter des services et collections adaptés aux coutumes du pays. - il faut tenir compte des mesures de capacité des verres qui sont comptées différemment selon les pays, parfois avec le même nom ; ainsi : - l'once américaine vaut 2 centilitres 96, alors que - l'once anglaise vaut 2 centilitres 84. Bref, un véritable casse-tête chinois pour tous ceux qui y travaillent. POUR CONTINUER La verrerie est un art, et tout art a ses secrets. Cela fait sourire quand on retrouve, sur d'antiques carnets de recettes, par exemple la façon de « sortir » un verre jaunâtre : en employant « de l'écorce de bouleau, de la fleur de genêt et... de la corne de bouc » ou « les verres à fougère ». Aujourd'hui la technique a progressé, tout se fait scientifiquement et de fait on dispose d'appareils de mesure et de contrôle extrêmement précis et tout simplement merveilleux. C'est vrai, et pourtant, au moment même où La Verrerie arrive à sortir du cristal, elle endiable de mal depuis des mois et des mois, n'arrivant plus à produire « du bon verre ». Vraiment il y a des impondérables, comme l'on dit et le verre reste une matière aussi fluante que capricieuse. Voici précisément l'humble conclusion de M. Jacques Mouclier au salon du S.I.F.E., à Paris en juin 64 : « On a parlé de la magie du verre : il y a en effet, dans la fabrication du verre, quelque magie cachée, car il arrive encore bien souvent qu'en dépit de la science détenue maintenant par l'homme, on ne puisse expliquer les causes réelles d'une mauvaise fusion, d'une mauvaise cuisson. II faut donc, lorsqu'on a la responsabilité de cette branche un peu exceptionnelle, d'une unité industrielle, posséder non seulement les connaissances scientifiques indispensables à la marche de l'entreprise et des fours, mais également disposer d'un sixième sens pour dominer, pour maîtriser la fusion et pour assurer valablement, comme autrefois, la charge de « Maître de Verrerie ». Nouvelles de la verrerie de Portieux depuis 1719 à aujourd'hui 1719 : Pêche des serviteurs de Mr. dans le ruisseau de Belval, d'où s'ensuit un procès interminable avec les moines du Prieuré de Belval. 1719 / 1732 : Construction d'un moulin par Mr. (le Pilan) 1778 : 30 verriers travaillent à la verrerie de Portieux. 1783 : Tome 3 du livre du Baron de Dietrich, au titre interminable « Description des gîtes, des minerais, forges, salines, verreries, tréfileries, fabriques de fer blanc, porcelaine, faïence, etc... de la Lorraine Méridionale » Paris, Didot Jeune An VIII (1799 / 1800) "La verrerie est affermée à MM Jacques Bourre (En 1886 Alban Fournier écrit ainsi le patronyme : J. Bour) et compagnie de Pont à Mousson, pour la modique somme de 8,450 livres argents de Lorraine, ou 6541 de France." Ce bail est de 18 ans à commencer du 1er janvier 1783. ************** Archives départementales des Vosges – 1C7 1785 : Inspection ambulante des manufactures dans les provinces des 3 évêchés, Lorraine, et Alsace, par M. Lazowski « La verrerie de Portieux près de Châtel sur Mozelle est une ancienne verrerie qui appartient au Roy, 80 familles sont employées tant en dedans qu'en dehors en organisant un roulement, 1 four en action qui fabrique de la gobeleterie pour passé 100 000 Frs, 1 000 cordes verrerie(1) de bois affectées dans les forêts du Roy, 120 0000 de salin, 200 000 de sable 20 000 de terre de campagne et quelques Milliers de différentes drogues pour les compositions. Rien ne se tire de l'étranger. » En 1800 Une corde de bois coûte 28 francs – source : http://lorraine.cqui-cquoi.com/Divers/denree.html 1) Le bois pour verreries : il se débite à une longueur de 0m 50 et il comprend des brins ayant 0m 03de tour et au-dessus. On refend les billes dont la circonférence dépasse 0m 10. - source : http://users.skynet.be/maevrard/bois_defeu.html ************** Etat de la Lorraine en 1785 Source : Journal de tournée de Lazowski, inspecteur ambulant des Manufactures, dans les provinces d'Alsace, de Lorraine et des Trois Evêchés, publié par Henry HAUCK dans La Révolution dans les Vosges, 1924-1925 « F. - FAÏENCERIES ET VERRERIES Les faïenceries des Trois-Évêchés et de Lorraine passent pour être les plus considérables et les plus belles du royaume: celles des Trois-Évêchés sont cependant plus florissante qu'en Lorraine. Il n'en reste plus en Alsace depuis la ruine du Sr Hannong de Strasbourg, et bientôt on ne comptera plus de faïenceries en Lorraine, si le gouvernement ne vient bientôt à leur secours. Il existe quatre manufactures de faïence ordinaire, réverbère et terre de pipe dans les Trois Evêchés: savoir, Niderviller, Saint-Clément, Moyen et Toul. Niderviller seule fabrique de la porcelaine; elles ont ensemble 30 fours et font annuellement 1600 fournées de 50 douzaines de pièces marchandes chacune, au prix réduit de 6 livres la douzaine ; ce qui donne un tout de 480 000 livres. Nous ajouterons à cette première somme une autre de 80 000 livres pour les objets en porcelaine de Niderviller, et les figures modelées, peintes et dorées qui se travaillent dans ces établissement, en sorte que leur commerce annuel peut s'élever sans exagération à 560 000 livres, dont les 3/5 passent en France et nos îles en payant un droit de 4 livres du cent pesant, 1/5 tant en Suisse qu'en Allemagne, et le dernier a sa consommation dans les Evêchois, Lorraine et Alsace... Pourquoi les verres de Lorraine ne sont-ils assujettis qu'aux mêmes droits que payent ceux des Evêchois et d'Alsace, tandis que les faïences de l'une province payent six fois plus de droits que celles des deux autres ? Les manufactures de Lorraine ne sont-elles donc pas des manufactures françaises ? Leur activité, leur état florissant ne vivifient-ils pas des contrées soumises à la France ? Leur produit ne reflue-t-il pas sur des sujets français ? Leur existence, leur aisance n'influent-elles pas également sur le gouvernement ? Il est donc évident que le succès de leurs propriétaires intéresse autant le gouvernement que celui des provinces réputées étrangères ; toutes font partie du même royaume et ne diffèrent entre elles que par la dénomination et la qualité des impôts et non pour le produit qu'on en retire. ») - Source : univ-nancy2.fr/AnnalesDeLest ************** Archives départementales des Vosges – 1J 566 Pochette P 1788 : Journal du 03 - 09 - 1953 Extrait du tome 3 du livre du baron De Dietrich, un ouvrage de l'époque révolutionnaire, au titre interminable « Description des gîtes, des minerais, forges, salines, verreries, tréfileries, fabriques de fer blanc, porcelaine, faïence, etc... de la Lorraine Méridionale » Paris, Didot Jeune An VIII (1799 / 1800) L'auteur de ce rapport M. le baron Dietrich, était maire de Strasbourg, membre de l'académie des sciences, de la société de Gœttingue et de celle des Curieux de la nature de Berlin, commissaire à la visite des mines, des bouches à feu (les fours) et des forêts de France. C'est au domicile de de Dietrich que Rouget de L'Isle composera la Marseillaise. Ce Dietrich avait pour nom de guerre « Omarius », il faisait partie de l'ordre de illuminés d'Allemagne. Il visita la verrerie en 1788, et à la suite de cela il en fait une description au tome 3 de son livre cité ci-dessus. Il précise alors que la verrerie compte : 18 verriers, 6 élèves, 4 tiseurs, 1 fondeur, 1 charron, 1 pileur de sable, 6 manœuvres 1 directeur Ce qui fait 38 personnes. En moyenne les gens qui s'occupent des fours et qui y travaillent représente 45% des ouvriers. On peut en déduire que la somme totale des ouvriers et employés à la verrerie est de 82 personnes. La plupart des ouvriers sont au mois ou au cent de pièces ; on peut établir leur salaire à raison de 26 sous l'un portant l'autre. Il sort 6 000 pièces par jour de l'usine 3 600 000 pièces sortent à l'année 'environ) au prix moyen de 3 livres 10 sous le 100 Soit une vente annuelle de 105 000 livres Des sous or, bien entendu ! En 1788, 2 fours « marchent » alternativement toute l'année. Ils ont été construit en terre de Villentrote, prés de Troyes, en Champagne. Le sable qui est très blanc et peu fondant se tire de Xirocourt à 4 lieux de Portieux. De Rugney également, mais il est moins blanc que l'autre. Les bois qui alimentent les fours proviennent des 50 arpents (10 hectares) alloués. PS : Le baron de Dietrich finira guillotiné comme un vulgaire aristocrate ************** 1802 : d'après le livre Alban Fournier La verrerie compte 82 ouvriers répartis ainsi : 70 verriers, 4 tailleurs et de 8 à 10 apprentis dont l'âge varie de 8 à 16 ans. La Verrerie il y a 220 habitants pour 42 ménages. La production de l'usine est de 3 369 600 verres ordinaires par an, soit 10 800 verres par jour, La moyenne de verres par jour et par verrier est de 154,28 Le salaire des ouvriers a augmenté, depuis 1789, d'un quant pour la fabrication, et d'un tiers pour ceux qui préparent la matière, et de prés du double pour les manœuvres et autres subalternes. 2 fours sont en fonctions, qui brûlent 2 800 cordes (8 400 stères de bois). En 1789 les fours consomment un dixième de plus le chiffre d'affaire est de 236 000 Frs ************** Bibliothèque municipale d'Épinal N° 27641 Auteur : Manuel Roret 1829 : Manuel complet du verrier et du fabricant de glaces et cristaux Page 5 : Lorsque l'on commence à fabriquer la verrerie en France, nos Rois, voulant encourager cette branche importante de l'industrie, reconnurent pour gentilshommes ceux qui travaillaient à cet art et leur accordèrent de grands et beaux privilèges, dont le principal était... de travailler eux-mêmes, et de faire travailler à cette fabrication, sans déroger à leur noblesse. Aussi, les nobles verriers ne reçurent-ils ensuite que des gentilshommes pour verriers. Hélas, bientôt on se relâcha sur ce point et, par la suite, les nouveaux verriers crurent qu'il suffisait d'avoir obtenu un privilège de fabrication de verre pour être anobli. Le peuple bon enfant, crut cela sur parole, il se contenta de qualifier les nouveaux impétrants de " Savonnettes à vilains." La révolution fit disparaître tous ces privilèges, et les nobles comme les plébéiens, jouissent des même droits et ne se distinguent entre eux que par la supériorité de leurs produits. ************** Archives Départementales des Vosges 38 M 281 Rapports d'inspection faits dans les usines et obligés par la loi. 1842 : La Verrerie de Portieux en 1842 Verrerie de Portieux Cette verrerie occupe seulement deux enfants de 14 à 16 ans qui sont employés à classer les verres, et qui sont connus sous le nom de «Gamins». Ces deux enfants savent lire et écrire, jouissant d'une bonne santé et travaillant seulement 9 h par jour, divisés par des repos d'une demie heure chacun ; il travaillent quelquefois la nuit, attendu que la catégorie l'oblige, pas plus que la loi ne le permet. Ces enfants n'ont pas de livrets, le chef d'établissement ne tient pas le registre exigé par la loi. En 1845 on trouve six enfants de 12 à 16 ans travaillant de 8 h à 10 h par jour et nuit. La verrerie emploie 85 ouvriers, dont 3 enfants de plus de 12 ans. Ce n'est que plus tard que les Alsaciens Lorrains arrivent à La Verrerie sur la demande expresse de M. Mougin. Le travail se fait sur 6 jours du dimanche au samedi, sauf le mardi Dimanche : de 20 h à lundi 7 h Lundi : de 24 h à mardi 10 h Mercredi : de 3 h à 14 h Jeudi : de 7 h à 18 h Vendredi : de 11 h à 22 h Samedi : de 15 h à Dimanche 2 h Le travail des enfants qui ne consiste qu'à attiser le feu des fours n'a rien de pénible ; ils sont occupés 11 h de suite et ont, après, 16 h de repos. L'intervalle qui s'écoule d'un travail à l'autre étant de plus de 24 h, il doit arriver nécessairement que la nuit est aussi employée, il ne peut en être autrement. Avant la promulgation de la loi du 22 mars 1841, M. Mougin employait plusieurs enfants de moins de 12 ans, pour se conformer à cette loi, ils ont dû les renvoyer pour les remplacer par d'autres plus âgés auxquels ils accordent un salaire plus élevé... Les enfants employés dans leur établissement fréquente assidûment, pendant les heures de repos, l'école qui est dirigée par une Sœur de la Providence. ************** Tiré de « La verrerie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours », par A. Sauzay, page 70, 1876. D'où vient l'appellation du terme « gamin » en verrerie ? « L'origine s'en trouve dans un pacte tacite, mais très religieusement observé, par lequel les anciens ouvriers verriers, voulant monopoliser l'industrie au profit de leur famille, s'étaient engagés à ne prendre jamais pour apprentis que leurs enfants, qu'ils faisaient entrer à l'atelier dès qu'ils avaient atteint l'âge de 8 à 10 ans. Ce n'est qu'après 1850 que l'industrie verrière est ouverte à qui veut y entrer. Les attributions du gamins, qui a mission d'ébaucher le travail, consiste à cueillir dans le creuset, au moyen de la canne, une certaine quantité de matière en fusion ; à la parer (tourner et retourner) sur une table soit en marbre, soit en fer, soit en fonte, à l'arrondir par un mouvement lent et circulaire ; puis enfin à la réchauffer à l'ouvreau. Ces 4 opérations terminées, le rôle du gamin cesse et celui de l'ouvrier commence. ************** Archives Départementales des Vosges 38 M 1866 : Empire français Livret d'ouvrier Mirecourt le 9 janvier 1866 Le sous préfet au ministre (rapport) « Travail des enfants et durée du travail des adultes dans les manufactures » Loi du 22 mars 1841 Le canton de Charmes à une verrerie- taillerie à Portieux. Elle occupe 208 ouvriers, plus 15 femmes, 44 enfants ou adultes. Il n'y a pas d'enfants au-dessous de 10 an, leur âge moyen est de 13 à 16 ans. Pour la plupart, ils travaillent à côté de leurs parents. La durée du travail est conforme aux prescriptions légales. L'instruction est continue aux enfants et aux adultes. D'une manière régulière, on ne les reçoit d'ailleurs, dans l'établissement, que lorsqu'ils ont fait leur première communion, que lorsqu'ils savent lire et écrire. Le tenue de l'établissement sous le rapport de la salubrité, de l'état sanitaire, des soins à donner aux enfants et aux adultes, ne laisse pas à désirer. Ils y sont paternellement traités. Toutes les recommandations prescrites par la loi du 22 mars 1841 sont en vigueur, seulement, plusieurs fois à cause de l'urgence, les enfants ont travaillés le dimanche, pendant quelques heures. ************** Archives Départementales des Vosges 38 S1 - 38 M 119 1866 : Sur la durée du travail En effet il est dit dans un note adressée au préfet par le ministère de l'agriculture, dot le ministre est M. Tourret, « Le décret du 2 mars 184, comme l'a bien vite montré l'expérience, était en opposition avec les habitudes, et les vrais intérêts de l'industrie.... Bien qu'il semblât pris en faveur des ouvriers, il devait avoir pour eux de funestes conséquences,....Le décret du 9 septembre n'en a pas moins voulu mettre obstacle à l'abus du travail prolongé. Il a tenu compte des habitudes les plus universellement adoptées, en fixant la durée du travail effectif à douze heures sur vingt quatre. Ce terme doit être considéré comme un maximum, qu'aucune convention particulière ne saurait autoriser à dépasser.... ************** 1868 : Rapport du préfet des Vosges Il y a à la verrerie 200 ouvriers plus 40 à 50 enfants ou adultes. ************** Archives Départementales des Vosges Bastien et L'Huillier instituteurs à La Verrerie 4 janvier 1900 1870 : Le capital social à la date de création de « La Société anonyme des Verreries Réunies de Wallérysthal et Portieux » est de 2 millions 110 000 Frs. Le conseil d'administration compte 5 membres Le conseil de surveillance 3 membres Le salaire mensuel pour les 2 établissements Portieux et Vallérysthal est de 160 000 Frs pour 2 200 personnes. Ce qui donne un salaire mensuel moyen de 72,72 Frs par personne. A la verrerie de Portieux les ouvriers sont environ 800 Vallérysthal est beaucoup plus important avec 1 400. Notes de Bastien et L'Huillier 4 janvier 1900 « Ce qui précède montre mieux que tout ce que l'on pourrait dire, la cordialité des rapports qui existent entre les Patrons et le Personnel qu'ils occupent » ************** 1880 : Rapport du sous préfet de Mirecourt « Il n'y a pas de conseil de Prud'homme dans l'arrondissement de Mirecourt », donc pas de défense pour les travailleurs. ************** Archives Départementales des Vosges 38 S1 1881 : Enquête sur la durée du travail journalier en vertu de la circulaire ministérielle du 24 décembre 1880 Question : 1)Quelle a été en 1880, pour chaque industrie, la durée moyenne de la journée de l'ouvrier dans les usines et manufactures de la commune ? 2) A-t-elle à certaines époques dépassé douze heures ? Réponse de la mairie de Portieux : La Verrerie a 4 catégories d'horaires Le verrier (a un) travail régulier de 11 h par jour Le tailleur de pierre (a un) régulier de 12 h par jour La moulure (a un) régulier de 12 h par jour Le manœuvre (a un) régulier de 10 h ½ par jour La scierie mécanique 11 h par jour Fait à Portieux le 23 janvier 1881 Le maire C. Marchal Il est dit : « Les ouvriers ne demandent pas le réduction de la durée de la journée de travail ! » par voie législative. ************** 1883 : Travail des adultes Loi du 9 septembre 1848 en décret de 17 mai 1851 Le 15 mars 1883 le sous préfet fait son rapport dans lequel on peut lire « La durée moyenne de la journée de l'ouvrier est de 11 heures... dans certaines industries, les verriers par exemple, la durée du travail journalier atteint 12 heures pour le tailleur et le mouleur ; ce sont-là de rares exceptions. » ************** Alban Fournier 1886 : 820 travailleurs à la verrerie de Portieux 1 210 habitants à la verrerie de Portieux 4 fours Siemens à 12 pots 300 tailleurs 38 000 pièces jours pour 8 000 modèles (En 2005 les moules sont rangés dans un bâtiment entièrement saccagé appartenant toujours à l'ancien patron de la cristallerie M. Catherine. Tous les moules sont dans un état de délabrement avancé, et, pour s'en servir, il faut les faire restaurer par une société spécialisée, en l'occurrence la société « Précialpe ». Ce bâtiment ouvert à tous les vents et toutes les pluies depuis que des vandales ont volés les plaques de couverture, était l'ancien magasin général de la verrerie jusqu'en 1982 environ, il abritait également le service commercial de l'entreprise. Ce bâtiment a vite été saccagé par les détrousseurs et autres vandales qui ne se sont pas gênés pour récupérer tout ce qui pouvait l'être, soit pour son propre compte, soit pour revendre. Si l'on compte qu'en moyenne les verriers représentent 45% de l'effectif, on arrive à 369 personnes, ce qui fait 7,6 verriers par pot. Ce qui est logique quand on sait qu'il faut 6 verriers plus une porteuse à l'arche, ou porteur, pour mener à bien la fabrication d'un verre. La production journalière par verrier (en moyenne) est de 103 verres. 1877 : Le sous préfet dans son rapport au préfet des Vosges précise à propos de la verrerie de Portieux :« Les ouvriers ne portent pas plainte contre leurs patrons pour violation de la loi. Du reste, l'ouvrier de ce pays est généralement laborieux. Il sait que son salaire est en rapport avec la durée du travail. Et il est loin de réclamer une réduction qui pourrait amoindrir le prix de sa journée. » ************** Archives Départementales des Vosges 34 bis M. 26 1891 : A la verrerie de Portieux 392 ouvriers 32 manoeuvres 122 femmes 200 enfants 5 contremaîtres 19 surveillants 770 personnes De 1886 à 1891 la verrerie a enregistré une perte de 56 personnes 1928 / 1929 : « Étude sur la population et les salaires des ouvriers de la verrerie de Portieux » Livret d'étude sur le gain des verriers et établissement de nouveaux prix de façon incorporent la qualification et toutes les indemnités de cherté de vie. Novembre – décembre 1928 Application le 1er janvier 1929 Signé Coindreau Tous ces tarifs s 'entendent pour 25 travaux par mois répartis sur des journées de 8 (en principe) C'est d'après les indications de M. Richard que cette nouvelle grille des salaires sera définitivement arrêtée. Ainsi, les salaires sont au mois de juillet et octobre 1928 pour une place de calotte (place de verres à jambes) compris entre une fourchette qu'il est impossible de dépasser. Pour 25 travaux de 8 h les salaires minimums sont pour le mois de :
1936 : La verrerie compte 700 ouvriers, ce qui fait, par rapport à 1891, une chute assez conséquente pour la deuxième fois depuis 1886. 1886 à 1891 moins 56 personnes 1891 à 1936 moins 70 personnes ************** Archives Départementales des Vosges 355 09 1938 : Le sable destiné à l'usine provient pour une grande part de Rugney. Signé Mougin, Lamy et Bourg, le 22 fructidor an 12 (9 septembre 1804) ************** 1957 : Début des potences à grandes entrées entre les deux poseurs (jambes et pieds) Début des potences en l'air, qui permettent de rentrer une canne par une extrémité et de la sortir par l'autre. Généralisation du « gamin mécanique » pour les places d'assortiments ************** 1958 : Instauration des bouliers (tableau) à la halle pour fixer aux verriers la désignation des pièces à fabriquer, L'ordre de fabrication, La quantité à fabriquer dans la journée, Ou le temps et fabrication, De renseigner le personnel de contrôle sur les quantités fabriquées, Le comptage des pièces est fait par le porteur à l'arche au cours du travail en utilisant le boulier. ************** 1959 : A compter du 18 septembre 1959 il est mis à la disposition du personnel des boissons dont la vente est limitée à la quantité prévue à l'article 13 du règlement intérieur. A partir du 12 août 1959, des dragées de chlorure de sodium (sel) sont mis à la disposition du personnel de la halle sujet à transpiration. Le lundi 13 juillet 1959, modification des horaires de la hall en raison d'une période exceptionnelle de chaleur Horaires : 5 h à 8 h (8 h à 8 h 30 la fraîche -le casse croûte-) 8 h 30 12 h 13 h à 14 h 30 Les anciens horaires reprendront le 10 août de la même année. ************** 1968 : (les chiffres ci-dessous sont des notes de la direction de l'époque -Hanus-) Nombre de verriers : 249 Absentéisme moyen : 9% En 1968 les verriers représentent 49% du personnel total Le nombre des ouvriers se monte à 539 ************** 1969 : (les chiffres ci-dessous sont des notes de la direction de l'époque -Hanus-) Nombre de verriers : 229 Absentéisme moyen : 9% En 1969 les verriers représentent 48% du personnel total ************** 1970 : (les chiffres ci-dessous sont des notes de la direction de l'époque -Hanus-) Réduction d'horaires à la halle, il passe de 45 h à 40 h à partir du 1er juin 1970 Nombre de verriers : 204 Absentéisme moyen : 11,43% En 1970 les verriers représentent 47% du personnel total ************** 1971 : (les chiffres ci-dessous sont des notes de la direction de l'époque -Hanus-) Nombre de verriers 188 Absentéisme moyen 1er trimestre 13,08% Avril 16,03% Note de la direction : les départs des verriers, la baisse de productivité de certaines places, l'augmentation de l'absentéisme ont entraîné un déséquilibre important entre le personnel verrier et le personnel verre à froid, magasin, entretien, collaborateurs et cadres. Les verriers représentaient en 1968...... 49% 1969...... 48% 1970...... 47% 1971...... 46,5% du personnel total Entre 1968 et 1971 la verrerie a perdu 61 verriers 1972 : Mise en service du four B le 18 septembre 1972 1978 : Arrêté du 31 août 1978, journal officiel du 1er septembre 1978 relève le SMIG de 10,85 F à 11, 07 F 1978 : Compagnie Française du Cristal, Effectifs Bayel (Aube) 463 Portieux (Vosges) 308 Vannes le Châtel (Meurthe et Moselle) 666 Siège social Paris et Commercial 40 Total : 1477 Début 1982 - 300 ouvriers Mai 1982 - 251 ouvriers 1983 - 80 ouvriers 1 500 pièces par jour 3 tailleurs sur verre ; ils étaient 120 en 1922 ; 300 en 1886 ; il n'y en a plus qu'un (une femme) en 1992. 1986 - 68 ouvriers 1987 - 35 ouvriers 1990- 50 personnes pour 1 200 pièces par jour 1991 / 1992.......... 60 ouvriers et seulement un tailleur (une femme) sur verre aidé par un tailleur de moindre importance qui s'occupe essentiellement de rectifier les pontils (M. Pierrot Faron) En 1996 "Faïence et Cristal de France" de M. Jean Jacquet rachète et fait tourner l'usine avec 33 ouvriers et employés ************** En 2000 la verrerie compte 26 salariés ((25 seulement après le départ en retraite en décembre 2000 de M Christian Dautel, le seul « ouvreur de grande place » encore en poste à la verrerie) ************** En 2003 en octobre 2003 l'effectif est à peu près le même quand 2000 ; quant aux verriers, ils ne sont plus que 12 à travailler sur le four. 2005 ils ne sont plus que 12 verriers 2011 Six personnes seulement travaillent pour toute l'usine, dont 2 verriers Vos Commentaires ici. Joignez un document si vous le désirez !
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