Liberté de l'Est du 1 août 2002
S'intéresser aux stratégies et moyens de combat et de défense est une façon intéressante d'appréhender l'histoire, celle des guerres. Sans pour autant s'écarter de leur contexte géopolitique, économique et humain, leurs moyens tactiques et stratégiques peuvent endosser aujourd'hui un volet "patrimoine".
En effet, rebondir sur les qualités d'ingéniosité, d'approche technologique et technique comme celles liées à la diversité des matériaux et des objets, c'est aussi une façon de considérer les époques et leur évolution. Et Vincey a cette chance aujourd'hui de posséder un très beau musée municipal des armes et équipements de guerre et des maquis.
Celui-ci a été créé, dans des anciens locaux Boussac, en 1987-1988, sur l'initiative d'un collectionneur privé, en la personne de Jacques Kleiber. En fait, ce musée avait été installé préalablement à Nomexy en 1976, et très vite, son exiguïté est apparue par l'apport de deux autres collections privées appartenant à Mers Royer et Spinazze et en raison de l'augmentation de la fréquentation.
Pour le fondateur, qui aura assuré avec beaucoup de compétences la fonction de conservateur jusqu'aux années dernières, ce hobby prend ses racines dans son enfance. "Lorsque j'étais petit, j'ai trouvé des armes de guerre dans le grenier de mes grands-parents et j'ai été impressionné", explique cet homme octogénaire, ancien cadre de chez Boussac, toujours passionné par cette très grande exposition inédite.
Le musée, devenu municipal depuis le 1er avril 1996, figure certainement parmi un des plus complets de France en ce qui concerne les armes modernes. Il se compose de cinq salles d'exposition, d'une salle de documentation et d'un atelier de restauration. Quatre co-exposants, propriétaires de leurs collections, dont la mairie de Vincey, Spinnazze et Lener, les ont regroupées dans ce musée, géré par un conseil d'administration. M. Pascal Lener en est devenu le conservateur actuel.
Impressionnant et étonnant sont les qualificatifs que l'on prononce lors de la visite guidée par ces spécialistes compétents. Les objets et équipements utilisés par nos aïeux lors des guerres de 1870, de 1914, et de 1939 dévoilent les us et coutumes de l'époque référencée. L'histoire des guerres de plus d'un siècle s'expose à Vincey.
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2001
Pour la saison 2001 qui débutera en mai pour se terminer en novembre, les horaires pour les visites sont les suivants : ouverture les 1er et 3ème week-ends de chaque mois. Prix de l'entrée inchangé (3 € adultes, 10 F enfants, 15 F groupes).
Dans les anciens bâtiments de la filature on découvre
un magnifique musée d'art militaire, créé en 1967 à Nomexy à l'initiative de J. Kleiber, un ancien directeur de ce qui fut une véritable institution. Etant rapidement devenu trop exigu du fait de l'arrivée des collections privées de M. Royer et Spinazze qui s'ajoutaient à la collection J. Kleiber, et du nombre croissant de visiteurs, le musée a été transféré dans un ancien magasin des Ets Boussac au mois de juin 1989. Le musée comprend 4 salles d'expositions, une salle de documentation et un atelier de restauration avec son magasin de pièces.
Les visiteurs du Musée Municipal d'Art Militaire sont confondus d'étonnement et montrent une surprise incrédule devant la diversité et la richesse du matériel exposé dans les salles et apprécient le travail de recherche, de présentation et le temps nécessaire pour réaliser une telle exposition, indépendamment de la notion de valeur. Les armateurs, simples curieux, visitant sans idée préconçue restent ébahis devant la profusion et la qualité de ce qui est offert à leur vue.
Chaque famille, militariste ou pas, de Vincey, du canton, et de notre région se devrait de visiter ces salles qui présentent plus que de simples objets anonymes, mais bien notre patrimoine militaire, utilisés à un moment de leur vie, par des hommes que nous connaissons bien, parents, amis ... Ce ne sont pas des jouets, mais des mécaniques conçues dans le but de tuer et de survivre lors de l'attaque d'ennemis de notre patrie.
La réunion d'une telle quantité de matériel à vocation militaire est exceptionnelle et, au fur et à mesure de la visite, on ne peut que réfléchir et s'interroger sur le fonctionnement des armes et leur utilité sur le champ de bataille...
Par exemple
- Cet embout en cuivre jaune, provenant d'un lance-flammes allemand de la première guerre mondiale, trouvé en " fouilles " dans les sapes de Verdun.
- Cet appareil de visée qui équipait les mitrailleuses lourdes allemandes.
- Cette mitrailleuse double canon, antiaérienne, tirant 3.600 coups/minute, soit 1.800 coups par canon et alimentée par deux boîtes-chargeur de 250 cartouches (durée du tir : un peu plus de 8 secondes pour 500 coups). L'échauffement des canons était tel qu'il ne permettait pas d'utiliser immédiatement une autre série de chargeurs !
- Ces gros tubes lançant des bombes de gaz, anglais, datant de 1914 / 18 et faisant penser à des " orgues de Staline - avant l'heure.
- Cette très rare mitraillette, copie conforme (y compris les marquages !) de la Sten Anglaise, réalisée par les Allemands après le raid avorté sur Dieppe, début de la seconde guerre ...
- Autre rareté, un casque de cuir ayant appartenu à G. Guynemer, as des as de l'aviation française de chasse en 1916 / 17.
Comme pour les années passées, en l'an 2000, et avec l'accord du comité de gestion du Musée, ce dernier a participé aux manifestations patriotiques en prêtant, notamment, du petit matériel pour aider les organisateurs d'expositions sur l'Art Militaire. La fréquentation a été la même qu'en 1999, avec moins de groupes, mais plus d'individuels.
Le musée des poilus
Le musée d'art militaire de Vincey renferme les accessoires et les armes des grandes guerres. Celle de 14-18 est particulièrement bien illustrée.
Si le dernier poilu vosgien, s'est éteint en 1999, le musée militaire municipal de Vincey rassemble traces et témoignages des guerres coloniales, de la Première et de la Seconde guerres mondiales.
Alors qu'aujourd'hui 11 novembre 2 000 de nombreuses manifestations commémoratives honoreront tous ceux tombés sur le champ de bataille, entre 1914 et 1918, une visite au musée militaire apporte elle un éclairage saisissant sur ces événements.
Ainsi,
cette "
cabine en acier qui devait résister aux balles ennemies. On la déposait en pleine nature. Posté à l'intérieur, le soldat observait les mouvements ennemis, seul, coincé dans cette guérite d'acier, relié par téléphone à l'état-major ", explique Jean-Jacques Terzy, collectionneur d'armes de poing et bénévole avec Jacques Kleiber du musée de Vincey.
De l'angoisse à l'horreur
L'objet est à l'extérieur du musée, situé dans l'ancienne usine Boussac. Il ressemble à une énorme bombe, avec une fente pour le guetteur. Déjà, le visiteur ne peut s'empêcher d'imaginer l'angoisse des hommes qui l'ont utilisée.
Dans la première salle, des véhicules militaires, tous en état de marche, pointent leurs canons menaçants. Puis, une petite pièce, au fond du hangar, évoque l'horreur de la Première Guerre mondiale. Une vitrine est consacrée aux instruments chirurgicaux de campagne, dont une scie à amputer. Un poignard américain de tranchée, à la lame triangulaire pour percer le feutre des capotes, côtoie le vengeur, son homologue français. Une collection impressionnante de fusils habille les murs, du Mauser, au chasse pot avec sa Rosalie, une baïonnette, en passant par un Lebel FSA de 1917 le premier semi-automatique, ou le Relling Block fabriqué par les Américains et adapté aux cartouches françaises. En tout, plus de 900 armes à feux sont exposées dans les 100 m2 du musée.
" Nous manquons de place ! C'est dommage, car tout ne peut pas être correctement mis en valeur ", explique le guide. Un énorme Mauser, tirant des balles de 13mm pour percer les chars français, trône sur son trépied. Plus loin, un uniforme de 1914 sur un mannequin, avec sa tunique bleue et son pantalon garance, remplacé en 1918 par un autre moins voyant, celui du Poilu.
Le poids des images
Ces armes et ces accessoires, comme le vélo pliable et réglementaire que l'on abandonnait car trop lourd dans les fossés, ou le masque à gaz
simplement bourré de coton imbibé parfois de la propre urine de l'utilisateur, ou la collection de " pétard ", des grenades fabriquées artisanalement par les soldats dans les tranchées, montrent à quel point, cette guerre absurde est loin de nous et du show américain de la guerre du golf.
Cette guerre avait été préparée depuis 1870, pour récupérer les territoires français. Un petit fusil scolaire, réplique miniature du fusil de l'époque, que les enfants apprenaient à manier à l'école prouve comment le conditionnement était grand.
" Nous avons régulièrement des personnes qui viennent nous donner ce qu'ils ont trouvé dans les fossés de notre campagne. Comme ce Lebel, impossible à restaurer et que nous mettons ici, en vrac, avec les fils barbelées ", explique le guide.
La visite se termine et la force de l'évocation remplace tous les discours.